Pour un humanisme technologique. Culture, technique et société dans la philosophie de Gilbert Simondon

Par : Xavier Guchet
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  • Nombre de pages288
  • FormatePub
  • ISBN978-2-13-074091-9
  • EAN9782130740919
  • Date de parution27/02/2025
  • Protection num.Digital Watermarking
  • Taille2 Mo
  • Infos supplémentairesepub
  • ÉditeurPUF

Résumé

Pourquoi Simondon (1924-1989), philosophe nourri de pensée bergsonienne, d'épistémologie française et de phénoménologie, auteur d'une thèse principale d'ontologie portant sur les différents régimes d'individuation dans l'être, a-t-il consacré sa thèse complémentaire à une réflexion sur les machines et la technologie ? L'idée défendue dans ce livre est que l'unité des travaux ontologiques et technologiques doit être cherchée dans le projet d'une « axiomatisation des sciences humaines » et d'un nouvel « humanisme ».
On s'attache ici à expliciter la signification et la portée de ce projet, d'une part en examinant la façon dont Simondon dialogue avec les sciences humaines de son temps, mais aussi avec les multiples programmes « d'ingénierie sociale » proposés en vue de réguler les sociétés humaines (Human Engineering, Cybernétique), d'autre part en détaillant le rôle des techniques et de la technologie dans la formulation de cet « humanisme » que Simondon lui-même qualifiait de difficile.
Gilbert Simondon (1924-1989), dont la pensée se situe au carrefour de trois grands courants de la philosophie du XXe siècle : la philosophie de Bergson, l'épistémologie française et la phénoménologie, a choisi de placer l'ensemble de ses travaux sous le signe du dialogue entre la philosophie et les sciences humaines. Il aborde ce dialogue en reprenant certaines questions classiques de la sociologie, mais aussi dans une perspective plus politique en discutant les nombreux programmes d'« ingénierie sociale » qui ont été proposés dans les années quarante et cinquante afin de réguler les sociétés humaines (dans la psychologie sociale américaine, le Human Engineering, la cybernétique).
De sa lecture de Bergson, Canguilhem et Merleau-Ponty, Simondon retient que le social ne peut être l'objet d'une régulation purement technicienne. Toutefois, au contact des milieux d'ingénieurs qu'il fréquentait et grâce à sa grande connaissance des techniques, il s'est aussi forgé une conviction puissante : si elle veut être en prise sur le monde actuel, la pensée sociale doit commencer par inquiéter l'opposition entre culture et technique. Récusant à la fois les pensées technicistes du social et les doctrines pour lesquelles un humanisme véritable doit commencer par disqualifier les techniques industrielles, Simondon entreprend une voie moyenne, originale, qui nous apparaît aujourd'hui très stimulante.
En effet, à une époque où « gouvernance », « régulation » et « gestion » sont devenus les maîtres-mots de la politique, et où les sciences humaines et sociales sont enrôlées pour « accompagner » les développements scientifiques et techniques, la philosophie de Simondon contient les éléments d'une pensée du social qui évite de succomber aussi bien aux facilités de la technophobie, toujours tentante, qu'aux séductions du management.