Georges Valance nous propose une remarquable biographie de Raymond Poincaré l’un des dirigeants français le plus mal connu. On se souvient du “Franc Poincaré” qui permit au pays de trouver une stabilité monétaire. Ce lorrain travailleur et visionnaire a été bien mal récompensé par l’histoire, finalement resté dans l’ombre de Clémenceau qu’il avait pourtant eu l’intelligence d’appeler au pouvoir en 1917 alors même qu’une rivalité implacable les opposait. Comme l’écrit Valance “Voici exactement cent ans, à l’automne 1917, le destin de la France a basculé. À cause ou plutôt grâce à un homme qui, malgré ses griefs personnels, a eu le courage de faire le “bon choix”et de confier le gouvernement à un “ennemi” de trente ans (…) Ce sera l’éternel honneur de Poincaré d’avoir eu l’abnégation de confier le gouvernement à un homme dont la personnalité et l’exercice du pouvoir le réduiraient à “inaugurer les chrysanthèmes”, un homme qui n’avait cessé de l’agonir de sarcasmes.”
La biographie de Valance replace Poincaré au niveau de son oeuvre. Plusieurs fois ministre, président du Conseil puis président de la République, il possédait une culture aussi importante que son ambition, une probité personnelle scrupuleuse, sa gestion des deniers de l’Etat fut d’une rigueur scrupuleuse, son projet politique resta inébranlable sans aucun souci des fluctuations de l’opinion. Le travail minutieux du biographe permet au lecteur de saisir la trajectoire de ce politique inspiré et laborieux. En meeting à Carcassonne lors des élections de 1928, Poincaré définit en quelques mots sa charte politique personnelle : “ Je reste ce que j’étais hier, ce que je serai jusqu’à mon dernier jour, un républicain, fils de républicain, frère de républicain, fermement attaché à la liberté de conscience, depuis longtemps imprégné de l’esprit démocratique et laïc, et un Français qui a toujours cru, qui continue à croire que la meilleure façon de servir l’humanité est de commencer par aimer sa patrie.”
Ce petit corpus de conviction qui est rassemblé dans ce discours renvoie sans doute à ce qu’on pourrait appeler le “poincarisme” mais Valance s’interroge sur la réalité de son existence. C’est peut être là que se situe la défaillance historique de Poincaré dans la mémoire des français. Cette biographie se lit comme une passionnante enquête historique qui dévoile le parcours exemplaire d’un homme du XIX eme siècle qui par son action influença le siècle nouveau. Remarquable !
Hugues DE SINGLY (CULTURE-CHRONIQUE.COM)
Georges Valance nous propose une remarquable biographie de Raymond Poincaré l’un des dirigeants français le plus mal connu. On se souvient du “Franc Poincaré” qui permit au pays de trouver une stabilité monétaire. Ce lorrain travailleur et visionnaire a été bien mal récompensé par l’histoire, finalement resté dans l’ombre de Clémenceau qu’il avait pourtant eu l’intelligence d’appeler au pouvoir en 1917 alors même qu’une rivalité implacable les opposait. Comme l’écrit Valance “Voici exactement cent ans, à l’automne 1917, le destin de la France a basculé. À cause ou plutôt grâce à un homme qui, malgré ses griefs personnels, a eu le courage de faire le “bon choix”et de confier le gouvernement à un “ennemi” de trente ans (…) Ce sera l’éternel honneur de Poincaré d’avoir eu l’abnégation de confier le gouvernement à un homme dont la personnalité et l’exercice du pouvoir le réduiraient à “inaugurer les chrysanthèmes”, un homme qui n’avait cessé de l’agonir de sarcasmes.”
La biographie de Valance replace Poincaré au niveau de son oeuvre. Plusieurs fois ministre, président du Conseil puis président de la République, il possédait une culture aussi importante que son ambition, une probité personnelle scrupuleuse, sa gestion des deniers de l’Etat fut d’une rigueur scrupuleuse, son projet politique resta inébranlable sans aucun souci des fluctuations de l’opinion. Le travail minutieux du biographe permet au lecteur de saisir la trajectoire de ce politique inspiré et laborieux. En meeting à Carcassonne lors des élections de 1928, Poincaré définit en quelques mots sa charte politique personnelle : “ Je reste ce que j’étais hier, ce que je serai jusqu’à mon dernier jour, un républicain, fils de républicain, frère de républicain, fermement attaché à la liberté de conscience, depuis longtemps imprégné de l’esprit démocratique et laïc, et un Français qui a toujours cru, qui continue à croire que la meilleure façon de servir l’humanité est de commencer par aimer sa patrie.”
Ce petit corpus de conviction qui est rassemblé dans ce discours renvoie sans doute à ce qu’on pourrait appeler le “poincarisme” mais Valance s’interroge sur la réalité de son existence. C’est peut être là que se situe la défaillance historique de Poincaré dans la mémoire des français. Cette biographie se lit comme une passionnante enquête historique qui dévoile le parcours exemplaire d’un homme du XIX eme siècle qui par son action influença le siècle nouveau. Remarquable !
Hugues DE SINGLY (CULTURE-CHRONIQUE.COM)