J'ai l'impression que ma vie a commencé devant un piano. A côté d'une vieille prof un peu dingue qui me tapait sur les doigts à chaque fausse note. Alors j'ai appris à obéir aux profs de piano.
Et il fallait que je m'en raconte, des histoires, pour supporter ça.
J'ai aussi appris à obéir à la maîtresse, au prof de latin, au prof de judo, à l'agent de police. A tous ces gens. Et je croyais de plus en plus à mes histoires.
Cela dit, je n'ai jamais eu d'histoires.
Ni avec la police, ni avec la prof de latin. Car je continuais à me raconter des histoires. A m'intéresser à celles des autres, aussi. Bref, une jeunesse sans histoires, des études sans histoires, une carrière sans histoires. Ah si, à un moment, j'ai essayé de devenir cow-boy. Comme je n'étais pas très doué pour le cheval, je me suis acheté un grand chapeau et j'ai appris à jouer du banjo. Mais c'est une autre histoire. Voilà. Jusqu'au jour où je me suis dit : Et si je les racontais, mes histoires ?
Ni avec la police, ni avec la prof de latin. Car je continuais à me raconter des histoires. A m'intéresser à celles des autres, aussi. Bref, une jeunesse sans histoires, des études sans histoires, une carrière sans histoires. Ah si, à un moment, j'ai essayé de devenir cow-boy. Comme je n'étais pas très doué pour le cheval, je me suis acheté un grand chapeau et j'ai appris à jouer du banjo. Mais c'est une autre histoire. Voilà. Jusqu'au jour où je me suis dit : Et si je les racontais, mes histoires ?





