Microfinance et politique publique. Portée, performance et efficience

Par : Bernd Balkenhol
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  • Nombre de pages392
  • FormatePub
  • ISBN978-2-13-079159-1
  • EAN9782130791591
  • Date de parution11/04/2016
  • Protection num.Digital Watermarking
  • Taille6 Mo
  • Infos supplémentairesepub
  • ÉditeurPUF

Résumé

Microfinance - c'est la lutte contre la pauvreté avec des instruments du marché. Logiquement une institution de microfinance (IMF) doit être rentable, tout en restant proche de ses clients démunis. Cela réussit à quelques-unes, mais pas à toutes les IMF; en fait, la très grande majorité des IMF continuent d'avoir besoin de subventions, d'une manière ou d'une autre. Ceci ne veut dire qu'elles font un travail inutile : certes, il en y a aussi, mais les études présentées dans ce livre montrent qu'une institution de microfinance peut être parfaitement efficiente dans son contexte, sans pouvoir devenir forcément rentable.
On peut donc se poser la question si cette catégorie d'IMF ne mérite pas, sous certaines conditions, un appui des pouvoirs publics dans la durée. Évidemment cet appui doit éviter les dérapages souvent associés aux subventions. Ce livre présente l'argument qu'il est possible et nécessaire d'orienter les politiques des bailleurs de fonds plus à l'efficience, au même titre qu'à la rentabilité et à l'impact social.
La promotion de la microfinance en sortira plus complexe, mais aussi plus équitable.
En trente ans et à travers le monde, la microfinance a réussi à toucher 10 % des personnes vivant avec 1 $ par jour. Fournissant crédit, produits d'épargne, assurance et autres services, les quelque 10 000 « institutions » de microfinance (IMF) facilitent la survie de 130 millions de ménages. C'est déjà une réussite. Or, la microfinance veut aller plus loin et atteindre la rentabilité de l'intermédiaire.
Entre 200 et 300 IMF ont réussi ce pari : elles sont devenues commercialement viables. En revanche, la plupart des IMF continuent de faire face à ce défi : comment servir les pauvres sans faire exploser les coûts ou fixer des taux d'intérêts à des niveaux usuraires ? Comparant les IMF en réussite commerciale et les autres, on constate que l'échelle et les caractéristiques des marchés locaux expliquent pour beaucoup les différences.
Depuis un certain temps, la communauté internationale s'interroge sur la meilleure manière de promouvoir la microfinance sans pousser toute IMF à une commercialisation à tout prix. Gouvernements des pays du Sud, agences d'aide bilatérale et multilatérale, investisseurs « sociaux » et ONG internationales ont pourtant de la peine à distinguer une IMF qui n'arrive pas à boucler ses comptes parce qu'elle est mal gérée, d'une autre IMF qui maîtrise ses coûts mais n'arrive toujours pas à se passer des subventions extérieures parce qu'elle opère dans un contexte difficile.
Autrement dit, comment identifier une IMF efficiente méritant d'être subventionnée et pour combien de temps ? Ce livre présente un cadre conceptuel pour apprécier la performance des institutions de microfinance ; cette approche est valable pour toute IMF, indépendamment de sa vision et son mode d'opération. La notion de « performance » comprend trois dimensions : la rentabilité, l'impact social et l'efficience.
L'accent mis sur l'efficience permet d'introduire des éléments incitatifs dans l'octroi de subventions futures : des subventions « intelligentes » qui amènent une IMF à progresser en impact social et rentabilité - en même temps.