Les traces du passé colonial. Une perturbation de l'harmonie sociale chez les Nunavimmiut

Par : Isabelle Martineau
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  • Nombre de pages254
  • FormatePub
  • ISBN978-2-7663-0798-2
  • EAN9782766307982
  • Date de parution11/03/2026
  • Protection num.Digital Watermarking
  • Taille14 Mo
  • Infos supplémentairesepub
  • ÉditeurPresses de l'Université Laval

Résumé

Au nord du 55e parallèle, sur le territoire ancestral du peuple Inuit, existe un système de gestion des conflits enraciné dans leurs traditions et leurs coutumes depuis des temps immémoriaux. Cette expression de l'autodétermination dans la régulation sociale s'est vue ostracisée par la colonisation et l'imposition d'un système de justice étranger. Les effets de cet assujettissement par le droit perdurent à ce jour, bien que le droit inuit demeure bien vivant.
Un paysage juridique singulier se dessine alors au Nunavik où coexistent les ordres juridiques inuit et étatique. Le présent ouvrage dresse un portrait de ces ordres et de ces cultures juridiques, selon les principes, les valeurs, les normes, les intervenants et les mécanismes qui leur sont propres, exposant ainsi le fossé qui les sépare. Un regard sur les adaptations culturelles et les accommodements apportés au fil du temps, particulièrement en matière de justice criminelle et pénale, témoigne d'un pansement temporaire à un problème structurel et systémique.
La violation du droit à l'autodétermination du peuple Inuit sur son territoire ancestral ne s'en voit qu'accentuée. L'expérience du dernier demi-siècle de cette justice étatique adaptée cumule les constats d'échec. Cet ouvrage poursuit l'objectif d'accroître le dialogue social, de faciliter la diffusion de l'information et de soutenir la réflexion des Inuit, tout en sensibilisant les acteurs ouvrant au Nunavik et en contexte autochtone.
Il appelle surtout à l'adoption d'une posture consciente et sensible aux dynamiques du colonialisme, en rappelant l'importance d'une approche centrée sur le respect des traditions et des coutumes du peuple Inuit. Ultimement, il se veut aussi un rappel que la gestion des conflits et la justice, par et pour les peuples autochtones sur leurs territoires ancestraux, s'ancrent fermement dans le droit à l'autodétermination, bafoué depuis de trop nombreuses années.
Me Isabelle Martineau ouvre à la protection des personnes et des populations vulnérables depuis plus d'une décennie, tant à l'international que sur la scène nationale et auprès des peuples autochtones. Elle entame sa carrière à la Cour pénale internationale, puis exerce en défense au bureau d'aide juridique de Kuujjuaq, avant d'obtenir un diplôme de maîtrise universitaire. Elle agit depuis plusieurs années comme avocate pour la Nation Atikamekw et est récipiendaire du prix de l'Association des jeunes Barreaux de région pour l'excellence de ses 10 premières années de pratique. Geneviève Motard est professeure titulaire à la Faculté de droit de l'Université Laval et directrice du Centre interuniversitaire d'études et de recherches autochtones (CIÉRA).
Elle est membre du Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales (GRSP) et du Centre pour la conservation et le développement autochtones alternatifs (CICADA). Juriste de formation, elle a conseillé différents organismes et a publié de nombreux textes sur les droits politiques et territoriaux des peuples autochtones, et plus particulière-ment sur la question des interactions entre les ordres juridiques autochtones et étatiques.
Elle a notamment signé, avec D. Leydet et G. Nootens, la mise à jour et la traduction de l'ouvrage phare de John Borrows, La Constitution autochtone du Canada (PUQ, 2020), a codirigé (avec E. Piccoli et C. Eberhard) le numéro d'Anthropologie et sociétés sur les pluralismes juridiques et l'interculturalité (2016) et a dirigé le numéro des Cahiers de droit portant sur les aspects juridiques des ententes sur les répercussions et les avantages (2019).
Le présent ouvrage fait suite au colloque international Souverainetés et autodéterminations autochtones : Tïayoriho'ten' qu'elle a organisé, en 2019, en partenariat avec la Nation huronne-wendat.