Les sentiments obscurs - choix de poèmes

Par : Gouic gerard Le, Henri Thomas
Offrir maintenant
Ou planifier dans votre panier
Disponible dans votre compte client Decitre ou Furet du Nord dès validation de votre commande. Le format ePub est :
  • Compatible avec une lecture sur My Vivlio (smartphone, tablette, ordinateur)
  • Compatible avec une lecture sur liseuses Vivlio
  • Pour les liseuses autres que Vivlio, vous devez utiliser le logiciel Adobe Digital Edition. Non compatible avec la lecture sur les liseuses Kindle, Remarkable et Sony
Logo Vivlio, qui est-ce ?

Notre partenaire de plateforme de lecture numérique où vous retrouverez l'ensemble de vos ebooks gratuitement

Pour en savoir plus sur nos ebooks, consultez notre aide en ligne ici
C'est si simple ! Lisez votre ebook avec l'app Vivlio sur votre tablette, mobile ou ordinateur :
Google PlayApp Store
  • Nombre de pages240
  • FormatePub
  • ISBN2-402-02672-3
  • EAN9782402026727
  • Date de parution01/01/1995
  • Protection num.Digital Watermarking
  • Taille39 Mo
  • Infos supplémentairesepub
  • ÉditeurFeniXX réédition numérique (Coop...

Résumé

« Mon fils est un poète », confiait mon père, entre deux donnes, à ses partenaires de cartes, sans admiration, Dieu merci, ni étonnement, en isolant le mot pour en accentuer l'étrangeté, souligner qu'il s'agissait d'une fatalité à laquelle, bon gré mal gré, il se soumettait. Il se serait servi de la même intonation s'il avait déclaré que j'étais contrebandier, ou moine (moines et contrebandiers, les poètes ne le sont-ils pas ?).
Il aurait en tout cas annoncé avec plus de fierté que j'étais guichetier dans une banque ou rédacteur dans un ministère. Puisque j'étais poète, à mon âge, cela ne le regardait plus. Lorsque répondant à son interrogation tantôt muette, tantôt détournée, je lui avouais que l'exercice de la poésie nourrit peu son poète, suscite même plus de dépenses d'argent qu'il n'attire de rentrées, que, somme toute, la poésie est une distraction de riche, il plissait les lèvres comme s'il flairait quelque malhonnêteté.
« Ça sert alors à quoi si ça ne rapporte pas ? » s'enquérait-il soudain à découvert. Je m'esquivais par un bougonnement agacé, par un haussement d'épaules. Il n'aurait pas compris que la poésie aide à vivre parce que, justement, elle ne sert à rien.