Je suis un écrivaillon. Je suis dans la fange, la boue en haillons alors que les rois, les grands, les Fante, Bukowski, Hugo, Céline, Morgiève, Le Corre, Darrieussecq, Foenkinos sont là-haut sur la montagne. Je suis un écrivaillon. Un rat de gouttière avec un stylo rongé, un type qui gratte dans le noir, avec des phrases bancales qui marchent sans béquilles. Écriv-haillons, en chiffons puants et des rêves qui collent à la peau telle la sueur d'une canicule estivale sans ventilateur.
Je suis dans la fange, dans la boue, je m'enfonce jusqu'aux rotules pendant que les rois de papier, les grands noms avec des initiales dorées sur des tranches lisses trônent là-haut. Et je monte. À mains nues. Les ongles pleins de terre et la rage au ventre. Je monte sans grâce, sans invitation, avec mes bouts de phrases sales, avec mes ratures qui saignent. Et j'arriverai là-haut, non pas pour m'asseoir à la même table, mais pour voler le feu, et foutre un peu de boue sur le blanc parfait.
Je suis dans la fange, dans la boue, je m'enfonce jusqu'aux rotules pendant que les rois de papier, les grands noms avec des initiales dorées sur des tranches lisses trônent là-haut. Et je monte. À mains nues. Les ongles pleins de terre et la rage au ventre. Je monte sans grâce, sans invitation, avec mes bouts de phrases sales, avec mes ratures qui saignent. Et j'arriverai là-haut, non pas pour m'asseoir à la même table, mais pour voler le feu, et foutre un peu de boue sur le blanc parfait.




