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Le récit d'Erica, enfant cachée dans la France occupée

Par : Flora Hogman
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  • Nombre de pages176
  • FormatePub
  • ISBN978-2-226-46764-5
  • EAN9782226467645
  • Date de parution01/10/2021
  • Protection num.Adobe DRM
  • Taille2 Mo
  • Infos supplémentairesepub
  • ÉditeurAlbin Michel
  • PostfacierAnnette Wieviorka
  • TraducteurChristophe Beslon

Résumé

Est-ce que la tante et l'oncle vont me garder ici ? » murmura-t-elle dans l'oreille du petit Jésus. Mais pourquoi le feraient-ils, eux, alors que personne d'autre ne l'avait encore fait ? Peut-être qu'ils changeront d'avis demain, comme Mademoiselle Andrea avant eux. Et soudain, l'absence de sa mère devint la seule réalité tangible dans sa chambre, aussi réelle que les ombres noires projetées par le grand miroir.
Érica ferma les yeux avec force puis tenta d'imaginer sa mère, mais son visage était comme une page grise et vide. Elle savait qu'elle perdrait sa mère pour toujours si elle ne parvenait pas à se souvenir d'elle. « Demain, tu devras beaucoup sourire », lui criait sa petite voix intérieure. Fouillant dans ses papiers personnels, Flora Hogman, alias Érica, retrouve un texte qu'elle écrivit il y a près de cinquante ans et qui la replonge en 1943.
Cette petite fille d'une famille juive de Tchécoslovaquie a alors sept ans, elle se trouve seule à Nice avec sa mère, son père étant mort avant la guerre. Lorsque les Allemands entrent en zone libre, sa mère fait appel au « réseau Marcel » pour la mettre en lieu sûr. Ainsi débute l'errance d'une fillette seule au monde, enfant cachée ballottée de foyer en foyer dans la France occupée. Un récit singulier et poignant, préfacé par Annette Wieviorka, qui retrace l'histoire des organisations de sauvetage des enfants juifs.

Avis des lecteurs
Commentaires laissés par nos lecteurs

5/5
sur 1 note dont 1 avis lecteur
“ C'est son histoire, une histoire vraie ”
Il y a bien des lectures possibles à cet ouvrage. C’est d’abord un témoignage historique. Si nous connaissons de nombreux témoignages sur les horreurs de la Shoah, nous connaissons moins l’histoire de ces réseaux d’enfants cachés pendant la 2nde guerre mondiale. Peut-être parce qu’ils étaient plus jeunes que les survivants des camps de la mort, peut-être parce qu’écrasés par leurs aînés, ils ont considéré pendant trop longtemps leurs témoignages comme secondaires… Pourtant, eux aussi ont souffert, dans leur chair et dans leur âme, eux aussi ont été ballottés dans les méandres de la Grande Histoire, eux aussi sont des survivants. Erica, pardon, Flora Hogman, aurait pu raconter la manière dont les réseaux étaient organisés, encenser les courageux justes qui ont caché et sauvé les enfants juifs… C’est ce qu’elle a fait… avec son regard d’enfant, avec ses souvenirs d’une petite fille de 7 à 10 ans. C’est ce qui rend ce livre si émouvant, si particulier. Car c’est aussi un témoignage sur l’enfance. Bien sûr, je suis un passionné de l’histoire, mais j’ai surtout aimé ce livre parce que Flora Hogman s’est replongée dans la tête de la petite fille qu’elle était. Une petite fille qui a envie de grimper aux arbres, de courir la campagne, de se cacher dans une cabane secrète sur une île, une petite fille qui serre sa poupée mais la frappe quand elle est en colère, une petite fille qui accepte d’être sage car elle comprend que les adultes prennent des risques pour elle, mais qui a envie qu’ils meurent quand ils la traitent mal, une petite fille qui fait des efforts pour plaire au petit Jésus afin que sa maman revienne et s’enferme dans ses mensonges à l’école pour enjoliver sa vie… une vraie petite fille, quoi, avec ses émotions, ses désirs de liberté, son envie de conformité. En décrivant toutes ces familles qui ont accueilli et élevé, ou tenté d’élever Erica, Flora Hogman nous dessine aussi en creux un portrait des femmes et des hommes de bonne volonté que nous sommes. Des gens pas forcément mauvais. Ils essaient d’éduquer cette enfant avec ce qu’ils croient bon pour elle, comme la convertir dans telle ou telle religion, l’éduquer comme ceci ou comme cela, lui apprendre telle ou telle matière scolaire… Ils ont, parfois, un intérêt propre à la recueillir. Mais pourquoi faut-il qu’ils fassent si souvent, sans même s’en rendre compte, du mal à une petite fille qui cherche du sens à tout cela, qui veut vivre et « qui ne comprend rien parce qu’on ne lui explique rien ». Erica ne comprend rien mais, au fond, les adultes ne comprennent pas grand-chose non plus. Sommes-nous devenus si « fermés », une fois adulte, que nous ne sachions plus déchiffrer derrière un sourire, une froideur, une colère d’enfant… la réalité de ses joies ou de ses blessures ? Peut-être est-ce aussi un des secrets de la communication : savoir garder ou retrouver un cœur ou un regard d’enfant ? Est-ce en tous cas un hasard si Flora est devenue psychologue ? Au-delà du contexte très particulier d’une petite fille qui ne comprend, qu’une fois adulte, qu’elle est une enfant de l’Holocauste, au-delà de la colère, de la difficulté à se construire et, parfois, du rôle de l’oubli, tout comme de son contraire, de la mémoire, pour pouvoir grandir, j’en retiens finalement l’extrême complexité de la communication entre les êtres et le rôle si important de ceux qui cherchent les clés de la compréhension humaine. Merci à Annette Wievorka d’avoir apporté dans sa postface les éclairages utiles pour retracer l’histoire des organisations de sauvetage des enfants juifs et redonné un nom à des héros de notre histoire. Merci à Flora Hogman de nous avoir raconté cette histoire, son histoire. Merci pour vos poèmes. Merci aussi, Flora, de m’avoir rappelé le temps de l’enfance.