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Le musée de la jeunesse

Par : Aurélien Bellanger
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  • Nombre de pages160
  • FormatePub
  • ISBN978-2-234-09326-3
  • EAN9782234093263
  • Date de parution06/03/2024
  • Copier CollerNon Autorisé
  • Protection num.Adobe & CARE
  • Taille573 Ko
  • Infos supplémentairesepub
  • ÉditeurStock

Résumé

«  Pourquoi, parmi tous les musées du monde, j'ai choisi d'aller dormir au milieu des Poussin à deux kilomètres de chez moi ? Aimer Poussin, le classique des classiques, il y avait eu, dans cette préférence affichée dès mon adolescence, une part incompressible de snobisme. Passer la nuit au milieu des Poussin était une manière de revenir sur mes années jeunesses. Et sur l'absence de celles de Poussin.
Car ce peintre apparait immédiatement classique. De ses années parisiennes, ses années et ouvres de jeunesse, nous ne connaissons presque rien. Tout ce que nous savons, d'ailleurs, c'est Balzac qui l'a inventé, en faisant du jeune apprenti peintre le héros du  Chef-d'ouvre inconnu. Les hasards du calendrier ont voulu qu'au moment de cette nuit au Louvre, j'étais justement en train de redécouvrir mon propre chef d'ouvre inconnu : une ouvre honteuse et immontable.
Il y a vingt ans, en arrivant à Paris, j'avais en effet accroché une petite caméra à mon cou, avec laquelle j'ai filmé mes années d'apprentissage. Il y a là quarante-huit heures de film que j'avais décidé, pour la première fois, de visionner en entier. J'en étais pile à la moitié, à la moitié de ma jeunesse quand j'ai passé une nuit entouré des ouvres de ce grand peintre sans jeunesse. Et comme je comprenais qu'il ait caché celle-ci, moi qui étais rendu depuis plusieurs jours à la mienne.
Car la jeunesse a toujours quelque chose de honteux. Surtout quand on voudrait qu'elle soit celle d'un jeune artiste. Qui devra multiplier les expériences et les échecs, découvrir sa personnalité, rejouer l'éternelle comédie de la montée à Paris et des débuts dans la vie. Au peintre de l'éternelle maturité qu'est Poussin, j'ai donc essayé de prêter une ouvre de jeunesse, maladroite et fervente : la mienne.  » A.
B.