Jean-Pierre Cabanes, né en 1949, est avocat dans le Midi de la France. Auteur de romans, il a obtenu, en 1982, le Grand Prix de la littérature policière pour « L'audience solennelle ».
Le jeu de Jan
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- Nombre de pages220
- FormatePub
- ISBN2-402-13545-X
- EAN9782402135450
- Date de parution01/01/1985
- Protection num.Digital Watermarking
- Taille625 Ko
- Infos supplémentairesepub
- ÉditeurFeniXX réédition numérique (Fanv...
Résumé
Une femme se hâte dans les vapeurs de la nuit. Au bout d'une passerelle se dresse la silhouette d'un homme, comme une statue vomie par la brume, qui l'attend ou la guette. Qui sont-ils ? C'est le thème du jeu que l'écrivain Jan propose à sa sour Géraldine : chacun écrit à la première personne et à la suite de l'autre les chapitres d'un même roman, inventant l'intrigue au fur et à mesure, lui pour la femme, elle pour l'homme.
Ainsi naissent de leur plume sur la côte normande au printemps 1944, Sarah Rosen, la résistante juive et Werner Jungbluth, le Sturmbannführer SS, ennemis fascinés, amants inconciliables et déjà maudits. Mais le jeu est subtilement ambigu. Sarah et Werner ne sont-ils pas le reflet brisé par l'écriture du regard troublé que Géraldine et Jan portent l'un sur l'autre ? Cependant, la ville où ils écrivent le roman, la ville dédoublée hiératique mais dévergondée, suave mais cruelle, perverse jusque dans l'eau de ses canaux où vacille l'image de ses palais troués, la ville dont le nom, galvaudé, n'est jamais dit, les enserre de ses moisissures sublimes.
En application de ses us, les habitants de sa nuit, venus de la maison où l'on joue les femmes ou en chemin pour le bal équivoque de la Constantini y avancent masqués. La Bégouini, maquerelle aux traits de nonne ascétique, Pervenche et Jacinthe, les jumelles interverties, composent les ombres gardiennes de son dogme décadent. Sur le devant de la scène, l'esthéticien, philosophe vénéneux et désabusé, à peine déguisé en Méphisto, jette sur ces naufragés de la jouissance un regard inquisiteur et attise le bûcher de l'inceste...
Ainsi naissent de leur plume sur la côte normande au printemps 1944, Sarah Rosen, la résistante juive et Werner Jungbluth, le Sturmbannführer SS, ennemis fascinés, amants inconciliables et déjà maudits. Mais le jeu est subtilement ambigu. Sarah et Werner ne sont-ils pas le reflet brisé par l'écriture du regard troublé que Géraldine et Jan portent l'un sur l'autre ? Cependant, la ville où ils écrivent le roman, la ville dédoublée hiératique mais dévergondée, suave mais cruelle, perverse jusque dans l'eau de ses canaux où vacille l'image de ses palais troués, la ville dont le nom, galvaudé, n'est jamais dit, les enserre de ses moisissures sublimes.
En application de ses us, les habitants de sa nuit, venus de la maison où l'on joue les femmes ou en chemin pour le bal équivoque de la Constantini y avancent masqués. La Bégouini, maquerelle aux traits de nonne ascétique, Pervenche et Jacinthe, les jumelles interverties, composent les ombres gardiennes de son dogme décadent. Sur le devant de la scène, l'esthéticien, philosophe vénéneux et désabusé, à peine déguisé en Méphisto, jette sur ces naufragés de la jouissance un regard inquisiteur et attise le bûcher de l'inceste...












