La sociologie des professions
2e édition

Par : Florent Champy
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  • Nombre de pages272
  • FormatePub
  • ISBN978-2-13-080699-8
  • EAN9782130806998
  • Date de parution27/02/2025
  • Protection num.Digital Watermarking
  • Taille2 Mo
  • Infos supplémentairesepub
  • ÉditeurPUF

Résumé

Des menaces venues du management et des marchés pèsent sur l'autonomie dans le travail de professions revendiquant un haut niveau de compétence (médecins, juristes, etc.). Or, la sociologie des professions est fortement interpellée par ces évolutions. Jusqu'aux années 1960, elle s'était particulièrement intéressée à ces activités, reprenant souvent sans distance le discours des professionnels sur leurs pratiques.
Mais une sociologie plus critique a ensuite mis l'accent sur les similitudes avec des métiers moins prestigieux (plombier, infirmière). Ayant accordé peu d'attention aux spécificités de certains types de métiers, cette deuxième approche, aujourd'hui dominante, est peu armée pour penser les enjeux des évolutions actuelles. Un premier objectif de cet ouvrage consiste à présenter systématiquement les auteurs, les théories, les démarches et les thèmes (carrières, travail, genre, statuts, etc.) constitutifs de ces deux approches successives des professions.
Puis l'auteur met en évidence l'émergence d'un troisième regard, qui vise à résoudre les difficultés rencontrées par l'approche critique. S'aidant des réflexions d'Aristote sur les formes d'action dans des situations de forte incertitude, il montre à partir de plusieurs exemples comment les pressions productivistes et les tendances à la standardisation et à la bureaucratisation du travail professionnel menacent la place des « pratiques prudentielles » dans nos sociétés.
J'ai été formé à l'École Normale Supérieure de Paris, où j'ai passé l'agrégation de sciences sociales. Chercheur au CNRS depuis 1996, j'ai conduit des recherches principalement sur les mondes de l'architecture, et sur la sociologie des professions et les théories du travail professionnel. Je m'intéresse maintenant à la place de la prudence dans nos sociétés, notamment à travers le travail professionnel et les débats sur le principe de précaution.
A travers tous ces sujets, c'est la complexité du monde social, et notamment des activités de pensée face à l'incertitude, qui m'intéresse. Comment concevoir un projet d'architecture ? Comment tenter de formaliser le travail professionnel, en sorte de le rendre le moins subjectif possible et de répondre aux exigences de prévisibilité de plus en plus fortes qui lui sont adressés, tout en laissant aux professionnels l'autonomie suffisante pour traiter de problèmes pour une large part imprévisibles ? Comment se mettre d'accord face aux risques qui traversent nos sociétés ? Ces questions en apparence très éloignées renvoient à une même difficulté : celui de la régulation des choix et de la coopération en situation d'incertitude.
Le constat dont je pars est qu'en étudiant les spécificités des activités de pensée qui permettent de faire face à ces difficultés, la sociologie peut jeter un éclairage nouveau sur des phénomènes sociaux qui retiennent son attention par ailleurs : les luttes intraprofessionnelles, la capacité de groupes sociaux à anticiper des risques et à y faire face, les difficultés du travail professionnel, voire les crises financières.
Ce qu'il s'agit finalement de comprendre, ce sont les modalités et les limites des activités prudentielles dans nos sociétés.