Serge Doubrovsky occupe une place éminente dans l'histoire de la littérature du XXème siècle. Inventeur du mot « autofiction », il l'a lui-même illustré à travers des ouvrages étudiés dans les grandes universités du monde. Un amour de soi, Le livre brisé, Un homme de passage, comptent parmi les 1?2uvres les plus remarquables de cet écrivain qui a choisi de se prendre lui-même pour objet. Ce Monstre est la somme de ses obsessions, de ses délires, de sa folie.
La place de la madeleine. Ecriture et fantasme chez Proust
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- Nombre de pages164
- FormatMulti-format
- ISBN978-2-37747-102-7
- EAN9782377471027
- Date de parution29/04/2019
- Protection num.pas de protection
- Infos supplémentairesMulti-Format
- ÉditeurUGA Editions
Résumé
Outil de travail inestimable et souvent mal employé, la psychanalyse, dans le domaine littéraire, après avoir frayé tant de nouvelles voies, a encore à trouver la sienne. D'abord psychobiographie, à l'origine freudienne, lecture symptomale tâchant à remonter du texte à l'auteur ; puis mythographie, archétypale et jungienne ; plus récemment, psychocritique, avec Mauron, poursuivant l'étude structurale et, en grande partie, autonome, des ouvres, - dans quelle direction pousser l'analyse ? Pour ma part, j'ai essayé de tenir compte de l'objection, réitérée à son encontre, qu'elle est trop souvent critique du signifié psychique et non du signifiant littéraire.
Cette littérarité du signe, toutefois, n'est nullement inscrite dans un espace neutre ; d'emblée, son symbolisme est tout entier engagé dans un « destin de pulsion » : celle d'écrire. La « place de la madeleine » me paraît ce lieu privilégié, chez Proust, où se narre la naissance de l'écriture, son émergence dans les divers ordres du désir où elle s'étale et s'étale, en son originaire et féroce naïveté.
Écoute du fantasme ouvrant le texte, dépistage de ses réseaux, de ses détours, de ses spirales, l'approche est ici clinique : mais clinique de la « névrose d'écriture », non des « complexes » de l'écrivain. Constituée ainsi en véritable logique du fantasme, dans laquelle elle est elle-même, d'ailleurs, prise et comprise, la critique psychanalytique, portant sur le fondement pulsionnel du texte, fonctionnerait, en sa limite idéale, comme poétique de l'inconscient.
Cette littérarité du signe, toutefois, n'est nullement inscrite dans un espace neutre ; d'emblée, son symbolisme est tout entier engagé dans un « destin de pulsion » : celle d'écrire. La « place de la madeleine » me paraît ce lieu privilégié, chez Proust, où se narre la naissance de l'écriture, son émergence dans les divers ordres du désir où elle s'étale et s'étale, en son originaire et féroce naïveté.
Écoute du fantasme ouvrant le texte, dépistage de ses réseaux, de ses détours, de ses spirales, l'approche est ici clinique : mais clinique de la « névrose d'écriture », non des « complexes » de l'écrivain. Constituée ainsi en véritable logique du fantasme, dans laquelle elle est elle-même, d'ailleurs, prise et comprise, la critique psychanalytique, portant sur le fondement pulsionnel du texte, fonctionnerait, en sa limite idéale, comme poétique de l'inconscient.





















