La famille normande. Mobilité et frustrations sociales au siècle des Lumières
Par :Formats :
Disponible dans votre compte client Decitre ou Furet du Nord dès validation de votre commande. Le format Multi-format est :
- Pour les liseuses autres que Vivlio, vous devez utiliser le logiciel Adobe Digital Edition. Non compatible avec la lecture sur les liseuses Kindle, Remarkable et Sony

Notre partenaire de plateforme de lecture numérique où vous retrouverez l'ensemble de vos ebooks gratuitement
Pour en savoir plus sur nos ebooks, consultez notre aide en ligne ici
- Nombre de pages432
- FormatMulti-format
- ISBN978-2-7535-6953-9
- EAN9782753569539
- Date de parution12/07/2019
- Protection num.NC
- Infos supplémentairesMulti-format incluant PDF avec W...
- ÉditeurPresses universitaires de Rennes
- PréfacierGérard Béaur
Résumé
La Normandie était autrefois le pays de la préférence masculine, d'une autre façon sans doute que la Provence, où l'on tenait l'absence d'héritier mâle pour une grande infortune, mais avec la même netteté et la même persévérance. Au prix de menus ajustements, les piliers de la domination masculine restèrent bien en place pendant tout l'Ancien Régime. Les droits du sang valaient cependant à tous les garçons d'avoir une part égale dans le patrimoine familial, sans distinction de rang de naissance.
L'égalité trouvait donc à s'incarner. Cela finit par jouer en faveur des filles, lorsque vint l'heure du rejet des traditions et qu'une puissante aspiration égalitaire traversa tout le royaume, en 1791. Même à ce moment toutefois, les normands se rallièrent à l'égalité successorale, par légalisme plutôt que dans un élan véritablement « féministe ». Le principe de l'établissement des enfants hors de la maison des parents, s'accompagnait d'intenses mouvements migratoires.
De ces processus, la localité ici scrutée, Argences, dans la plaine de Caen, témoigne plus que d'autres localités, en raison de son « attractivité », pour partie économique, pour partie fiscale. La population fit en effet plus que doubler en moins d'un siècle. Le résultat ne fut toutefois pas à la hauteur des espérances. Les difficultés d'accès aux ressources, la concurrence et l'égalitarisme accentuèrent les contrastes.
L'écart se creusa entre les plus riches et les plus pauvres. Argences agit alors comme un miroir grossissant, qui dévoile les ressorts autrement peu visibles d'un siècle considéré de manière souvent trop uniforme. Le XVIIIe siècle a été pour certains un siècle de progrès, mais aussi pour le plus grand nombre, un siècle de déceptions et d'amertume.
L'égalité trouvait donc à s'incarner. Cela finit par jouer en faveur des filles, lorsque vint l'heure du rejet des traditions et qu'une puissante aspiration égalitaire traversa tout le royaume, en 1791. Même à ce moment toutefois, les normands se rallièrent à l'égalité successorale, par légalisme plutôt que dans un élan véritablement « féministe ». Le principe de l'établissement des enfants hors de la maison des parents, s'accompagnait d'intenses mouvements migratoires.
De ces processus, la localité ici scrutée, Argences, dans la plaine de Caen, témoigne plus que d'autres localités, en raison de son « attractivité », pour partie économique, pour partie fiscale. La population fit en effet plus que doubler en moins d'un siècle. Le résultat ne fut toutefois pas à la hauteur des espérances. Les difficultés d'accès aux ressources, la concurrence et l'égalitarisme accentuèrent les contrastes.
L'écart se creusa entre les plus riches et les plus pauvres. Argences agit alors comme un miroir grossissant, qui dévoile les ressorts autrement peu visibles d'un siècle considéré de manière souvent trop uniforme. Le XVIIIe siècle a été pour certains un siècle de progrès, mais aussi pour le plus grand nombre, un siècle de déceptions et d'amertume.
La Normandie était autrefois le pays de la préférence masculine, d'une autre façon sans doute que la Provence, où l'on tenait l'absence d'héritier mâle pour une grande infortune, mais avec la même netteté et la même persévérance. Au prix de menus ajustements, les piliers de la domination masculine restèrent bien en place pendant tout l'Ancien Régime. Les droits du sang valaient cependant à tous les garçons d'avoir une part égale dans le patrimoine familial, sans distinction de rang de naissance.
L'égalité trouvait donc à s'incarner. Cela finit par jouer en faveur des filles, lorsque vint l'heure du rejet des traditions et qu'une puissante aspiration égalitaire traversa tout le royaume, en 1791. Même à ce moment toutefois, les normands se rallièrent à l'égalité successorale, par légalisme plutôt que dans un élan véritablement « féministe ». Le principe de l'établissement des enfants hors de la maison des parents, s'accompagnait d'intenses mouvements migratoires.
De ces processus, la localité ici scrutée, Argences, dans la plaine de Caen, témoigne plus que d'autres localités, en raison de son « attractivité », pour partie économique, pour partie fiscale. La population fit en effet plus que doubler en moins d'un siècle. Le résultat ne fut toutefois pas à la hauteur des espérances. Les difficultés d'accès aux ressources, la concurrence et l'égalitarisme accentuèrent les contrastes.
L'écart se creusa entre les plus riches et les plus pauvres. Argences agit alors comme un miroir grossissant, qui dévoile les ressorts autrement peu visibles d'un siècle considéré de manière souvent trop uniforme. Le XVIIIe siècle a été pour certains un siècle de progrès, mais aussi pour le plus grand nombre, un siècle de déceptions et d'amertume.
L'égalité trouvait donc à s'incarner. Cela finit par jouer en faveur des filles, lorsque vint l'heure du rejet des traditions et qu'une puissante aspiration égalitaire traversa tout le royaume, en 1791. Même à ce moment toutefois, les normands se rallièrent à l'égalité successorale, par légalisme plutôt que dans un élan véritablement « féministe ». Le principe de l'établissement des enfants hors de la maison des parents, s'accompagnait d'intenses mouvements migratoires.
De ces processus, la localité ici scrutée, Argences, dans la plaine de Caen, témoigne plus que d'autres localités, en raison de son « attractivité », pour partie économique, pour partie fiscale. La population fit en effet plus que doubler en moins d'un siècle. Le résultat ne fut toutefois pas à la hauteur des espérances. Les difficultés d'accès aux ressources, la concurrence et l'égalitarisme accentuèrent les contrastes.
L'écart se creusa entre les plus riches et les plus pauvres. Argences agit alors comme un miroir grossissant, qui dévoile les ressorts autrement peu visibles d'un siècle considéré de manière souvent trop uniforme. Le XVIIIe siècle a été pour certains un siècle de progrès, mais aussi pour le plus grand nombre, un siècle de déceptions et d'amertume.