Voilà un roman qui sort des sentiers battus. Réjouissant. D’abord, le style. D’apparence simple mais audacieux. Le phrasé cadencé épouse le rythme monotone de la vie provinciale qui appesantit les désirs interdits des deux personnages principaux. La France des Trente Glorieuses,le foot, le bistrot, les potins. Convivialité de façade mais aussi des normes. L’auteur ne se contente donc pas de raconter une histoire (ce qu’il fait formidablement) mais la forme de son roman nourrit le propos. Le style devient matière, en corrélation avec l’histoire. Quand un écrivain travaille ainsi la langue au corps, cela s'appelle de la littérature. À propos de corps, ceux des personnages peuvent parfois s’exprimer, à l’abri des regards, clandestinement, cassant le rythme du récit… autant que de la normalité qui les étouffe. Car, en deuxième lieu, il y a le thème abordé. De l’audace, encore de l’audace. L’histoire d’amour concerne une femme mariée… et un prêtre. Femme de chair, homme de chaire. L’amour d’une femme, l’amour de Dieu : les deux, aussi sincères l’un que l’autre, sont-ils conciliables ou ne peuvent-ils aboutir qu’à une tragédie ? Un livre qui laisse des traces, fait réfléchir après l’avoir lu. Sur le désir, sur le devoir, sur les règles établies. Sur le sentiment amoureux. Ne devrait-on pas envoyer un exemplaire à notre pape François, dont la réputation d’ouverture n’est, semble-t-il, plus à prouver ?
Voilà un roman qui sort des sentiers battus. Réjouissant. D’abord, le style. D’apparence simple mais audacieux. Le phrasé cadencé épouse le rythme monotone de la vie provinciale qui appesantit les désirs interdits des deux personnages principaux. La France des Trente Glorieuses,le foot, le bistrot, les potins. Convivialité de façade mais aussi des normes. L’auteur ne se contente donc pas de raconter une histoire (ce qu’il fait formidablement) mais la forme de son roman nourrit le propos. Le style devient matière, en corrélation avec l’histoire. Quand un écrivain travaille ainsi la langue au corps, cela s'appelle de la littérature. À propos de corps, ceux des personnages peuvent parfois s’exprimer, à l’abri des regards, clandestinement, cassant le rythme du récit… autant que de la normalité qui les étouffe. Car, en deuxième lieu, il y a le thème abordé. De l’audace, encore de l’audace. L’histoire d’amour concerne une femme mariée… et un prêtre. Femme de chair, homme de chaire. L’amour d’une femme, l’amour de Dieu : les deux, aussi sincères l’un que l’autre, sont-ils conciliables ou ne peuvent-ils aboutir qu’à une tragédie ? Un livre qui laisse des traces, fait réfléchir après l’avoir lu. Sur le désir, sur le devoir, sur les règles établies. Sur le sentiment amoureux. Ne devrait-on pas envoyer un exemplaire à notre pape François, dont la réputation d’ouverture n’est, semble-t-il, plus à prouver ?