L’évolution du Canada français

Par : Jean-Charlemagne Bracq
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  • Nombre de pages428
  • FormatMulti-format
  • ISBN978-2-38111-070-7
  • EAN9782381110707
  • Date de parution05/02/2021
  • Protection num.pas de protection
  • Infos supplémentairesMulti-Format
  • ÉditeurEditions Le Mono

Résumé

Les Canadiens ne ressemblent à leurs aïeux que par certains côtés. Au commencement du dix-septième siècle, l'histoire et la vie des deux pays (la France et le Canada) étaient bien différentes. Au point de vue ethnique, la France était plus variée. Sa population avait moins de cohésion et d'unité religieuse que celle du Canada, où les colons s'efforçaient de mettre en relief leurs traits nationaux plutôt que leurs particularités provinciales.
Ceci contribua beaucoup à l'unité dans leur développement intellectuel, moral et religieux. Pendant les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, la France eut des penseurs profonds et variés qui produisirent une grande effervescence, une animation intellectuelle, choses parfaitement impossibles au Canada. Procédant par voie d'élimination, 'reconstruisez par la pensée une Nouvelle France' telle que certains écrivains l'ont conçue, sans philosophes, ni moralistes, pour agiter et vivifier l'immobilité de la pensée religieuse, - une France dont l'esprit fut façonné par le clergé ultramontain et non par l'Église gallicane, -une France sans Descartes ni Montesquieu, sans les Encyclopédistes pour faire opposition à la théocratie du Nouveau Monde - une France, séparée de la mère patrie, et n'ayant pas subi la tragique mais vivifiante Révolution, ni ce que Victor Hugo a appelé « les brutalités du progrès » -une France dont les fils n'auraient ni visité l'Angleterre, ni étudié la langue ni les idées de ce pays, comme le faisaient tant de Français ; une France éloignée des grands courants de la civilisation, harcelée par les Indiens, en butte aux attaques des Anglais, éloignée des grandes concurrences et des intenses rivalités professionnelles ; une France dont le climat, au lieu d'être bienfaisant et doux, laissant l'homme comparativement libre, est un adversaire sans indulgence qui le subjugue et l'accable ; faites masse de ces faits, et vous aurez une vue d'ensemble du Canada tel qu'il était lorsque commencèrent à se manifester les puissantes influences qui devaient le transformer.