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L'Amérique de Mingus. Musique et politique, les "Fables of Faubus" de Charles Mingus

Par : Didier Levallet, Denis-Constant Martin
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  • Nombre de pages228
  • FormatPDF
  • ISBN2-8180-0142-0
  • EAN9782818001424
  • Date de parution01/01/1991
  • Copier CollerNon Autorisé
  • Protection num.Adobe DRM
  • Taille15 Mo
  • Transferts max.6 copie(s) autorisée(s)
  • ÉditeurP.O.L

Résumé

Le 20 octobre 1960, Charles Mingus enregistre, en quartette et pour une petite compagnie de disques, Candid, ce que lui-même considère comme la version originale des « Fables of Faubus ». À ses côtés : Eric Dolphy, Ted Curson, Dannie Richmond. Les « Fables » ont déjà connu, quelques mois auparavant, une première naissance au disque. Gravées le 5 mai 1959 dans les studios de Columbia mais alors amputées de leur texte, jugé trop virulent par les dirigeants de la firme.
Ces paroles, où colère, sarcasme, angoisse se tressent en un chant grinçant, évoquent les agissements ségrégationnistes du gouverneur Orval Faubus qui en 1957 provoquèrent, dans l'Arkansas, les affrontements de Little Rock - l'un des temps premiers, des temps essentiels de la lutte pour les droits de la population noire aux États-Unis. Cet essai prend exemple sur les « Fables », certainement composées l'année même sous le coup des événements, pour tenter de répondre à la question : « Quel est le sens des sons? », qui pose le problème du rapport entre politique et musique.
Didier Levallet et Denis-Constant Martin mettent d'abord en situation l'homme-Mingus, son monde, dans l'histoire et dans l'esthétique. Puis ils s'adonnent à une analyse combinant dans ses approches sémiologie musicale et sociologie, ouvrant ainsi des perspectives neuves à la littérature jazzistique. Exercée sur l'enregistrement canonique de 1960 et, surtout, les cinq versions live de la tournée européenne de 1964 actuellement éditées (Mingus présentait à cette occasion un sextette comprenant, outre Dolphy et Richmond, Johnny Coles, Clifford Jordan et Jaki Byard), la méthode a vocation d'être reprise, appliquée à d'autres moments d'importance de l'histoire du Jazz.
Elle s'avère apte à mettre au jour toute la richesse sémantique d'une ouvre qui, peu ou prou, ne s'en est pas tenue à sa vocation proclamée d'exprimer la révolte. Éclairant leur dynamique de tensions, les contradictions qui les animent, désignant le territoire d'ambiguïté qui les fonde et comme les racines de leur hétérogénéité, elle montre en quoi ces « Fables de Faubus », devenues relance quasi mythique du jazz moderne, symbolisent le rapport complexe au monde blanc et sa culture, à ses valeurs, d'une communauté par lui « négativée », sinon niée.