AU BARON PAUL THÉSARD. Quand nous avons passé trente ans, nous ressemblons Aux arbres mutilés par les noirs aquilons : Leur front se découronne, et leurs sèves avares Montent plus lentement dans les branches plus rares. Quand la Terre, nubile et comme ivre d'amour, Sent sa poitrine émue à des souffles sans nombre Et reverdir son âme aux caresses du jour, Leur feuillage pâli donne à peine assez d'ombre Pour cacher un enfant endormi sur le sol ;Nulle abeille n'y vient, par les chaudes journées, Nager dans le parfum des fleurs abandonnées ; Ils ne sont pas, la nuit, aimés du rossignol.
Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
AU BARON PAUL THÉSARD. Quand nous avons passé trente ans, nous ressemblons Aux arbres mutilés par les noirs aquilons : Leur front se découronne, et leurs sèves avares Montent plus lentement dans les branches plus rares. Quand la Terre, nubile et comme ivre d'amour, Sent sa poitrine émue à des souffles sans nombre Et reverdir son âme aux caresses du jour, Leur feuillage pâli donne à peine assez d'ombre Pour cacher un enfant endormi sur le sol ;Nulle abeille n'y vient, par les chaudes journées, Nager dans le parfum des fleurs abandonnées ; Ils ne sont pas, la nuit, aimés du rossignol.
Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.