Hawks, cinéaste du retrait

Par : Jean-Michel Durafour
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  • Nombre de pages336
  • FormatMulti-format
  • ISBN978-2-7574-2275-5
  • EAN9782757422755
  • Date de parution15/10/2019
  • Protection num.pas de protection
  • Infos supplémentairesMulti-Format
  • ÉditeurPU du Septentrion

Résumé

Howard Hawks (1896-1977) est l'un des plus importants réalisateurs du cinéma hollywoodien : tout spectateur a vu un jour au moins l'un de ses films (Scarface, Le Grand sommeil, Les Hommes préfèrent les blondes ou encore Rio Bravo). Cinéaste de référence de la « politique des auteurs » lancée par les Cahiers du cinéma dans les années cinquante, « redécouvert » alors par une critique américaine qui l'a longtemps mésestimé, on pouvait croire que le cinéma de Hawks avait livré tous ses secrets.
Mais depuis le début des années quatre-vingt, mis à part des rééditions d'articles ou l'excellente biographie critique de Todd McCarthy, l'esthétique du cinéma a délaissé Hawks, peut-être trop marqué par des théories dont on est revenu. Pourtant, cette ouvre, par sa rigueur, reste aujourd'hui encore l'une des plus actuelles du cinéma classique, dont certains réalisateurs contemporains, comme Quentin Tarantino, John Carpenter ou Robert Zemeckis, ne cessent de faire l'éloge.
Il faut donc réinterroger aussi bien le cinéma hawksien que les discours critiques qui ont contribué à en bâtir les modèles de réception depuis plus de cinquante ans. Telle est la double tâche que se propose cet ouvrage. Rompant avec une certaine vision de l'auteur au cinéma, il entend dégager de l'analyse des films une autre approche du cinéma hawksien, fondée sur une esthétique de la retenue. Il donne également l'occasion d'une nouvelle interprétation de la transparence du cinéma hollywoodien.
La pensée du cinéma ne rencontre d'ordinaire Jean-François Lyotard, dans ses textes sur le cinéma ou non, que par le biais de deux activateurs : l'acinéma (le cinéma expérimental) et le figural. Ces deux activateurs, au demeurant, sont fortement représentatifs de la position paradoxale de Lyotard pour les études cinématographiques : si l'acinéma a été le plus souvent critiqué pour sa radicalité voire son sectarisme, n'ayant de fait guère de postérité, il en va tout autrement du figural, lequel a trouvé dans les films un terrain fertile d'investigation.
Tout autant représentative est la méconnaissance en théorie du cinéma de nombreux autres textes de Lyotard portant sur le cinéma ou sur des films, et dont on ne parle jamais, ainsi que de sa philosophie postérieure à sa période libidinale, qui ne semble pas avoir encore trouvé d'échos particuliers en régime filmique. Le présent ouvrage fait précisément le pari de ces deux directions. À partir d'un autre Lyotard, ou du même mais envisagé très différemment, se dessinera progressivement une possibilité de penser le cinéma qui ne devra plus rien au figural, à l'abstrait ou à l'expérimental, dont Lyotard le premier a fini par revenir, mais qui, singulièrement, ouvrira à une originale théorie du cinéma figuratif.
« Méfiance envers les figuratifs quand ils ont de l'âme », peut-on lire dans Que peindre ?...
Dictionnaire d'iconologie filmique
Emmanuelle André, Jean-Michel Durafour, Luc Vancheri
E-book
19,99 €