Faire corps avec les objets. Pour une théorie des cultures matérielles et sensori-motrices

Par : Céline Rosselin-Bareille, Jean-Pierre Warnier
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  • Nombre de pages276
  • FormatePub
  • ISBN978-2-38409-343-4
  • EAN9782384093434
  • Date de parution22/05/2025
  • Protection num.Digital Watermarking
  • Taille2 Mo
  • Infos supplémentairesepub
  • ÉditeurKarthala

Résumé

Cet ouvrage de synthèse, efficace dans la méthode et convaincant dans la démonstration, fait état d'un « tournant matériel » (material turn) qui s'est produit dans les années 1980-1990 presque simultanément en Europe et aux États-Unis en tenant compte de la prise permanente qu'exercent les humains sur le monde matériel et réciproquement. Il a popularisé l'expression de culture matérielle. Sous les effets croisés des questions féministes, écologiques et technologiques, il a rebondi vers les années 2010 en développant de nouvelles thématiques.
Céline Rossellin-Bareille et Jean-Pierre Warnier - anthropologues - ont activement participé à ce mouvement au sein du groupe de recherche « Matière à Penser » (MàP). Leur approche consiste à conjoindre le corps, les objets et les environnements que de nombreux chercheurs dissocient trop souvent les uns des autres. Notre prise sur la culture matérielle se fait par des conduites qui impliquent inséparablement sensori-motricité, cognition et affects aux puissants effets de subjectivation.
Cet ouvrage, à jour de l'abondante littérature internationale disponible tout en s'en démarquant, prend le relai d'une publication de 1999 (Construire la culture matérielle) et renouvelle les résultats de plus de 30 années de réflexion.
"Pour un apprenti conducteur la voiture, objet familier, est un corps étranger, ses gestes sont gauches, son corps reste indépendant, lorsque l'apprentissage sera terminé le conducteur fera corps avec sa voiture. Il conduira sans presque penser aux automatismes gestuels qu'il a eu du mal à acquérir. Il aura réalisé ce que Paul Schilder appelle sa synthèse corporelle. Il intègre dans son corps une perception implicite du volume de la carosserie, de la dynamique de l'accélération et du freinage, de la distance à conserver par rapport aux autres véhicules.
L'objet s'est intériorisé, le sujet-conducteur s'est transformé. Il participe d'une nouvelle culture matérielle. Il existe de par le monde une grande diversité de cultures matérielles depuis celle du pilote de ligne jusqu'à celle du paysan nigérian qui manie sa houe, en passant par la ménagère qui repasse son linge. Dans la lignée des travaux de Schilder, Mauss, Leroi-Gourhan ou Merleau-Ponty hier ou de Pierre Parlebas aujourd'hui sur le sport, la thèse de l'auteur est que l'action motrice du corps permet une "mise en objet" des sujets, hommes et femmes, en fonction de leurs différentes cultures matérielles.
L'objet n'est plus seulement un signe extérieur, il est une partie incorporée de l'action en société. Il révèle la partie la plus opaque du sujet, celle où la verbalisation ne suffit plus, celle où seul le corps peut exprimer ce que la matérialité veut dire. Ce livre anthropologique intéressera tous ceux qui prennent au sérieux la place de la matérialité dans la vie sociale, comme un ensemble de techniques de construction du soi qui diffèrent de sujet à sujet et de société à société."Texte de couverture