Dans Comment est née la révolution russe, Jacques Bainville propose moins un récit événementiel qu'une généalogie politique du cataclysme de 1917. Dans une prose dense, nerveuse et classique, il relie les faiblesses de l'autocratie, l'usure sociale de l'Empire, les maladresses gouvernementales et l'épreuve décisive de la guerre. L'ouvrage s'inscrit dans la grande littérature française d'interprétation historique du premier XXe siècle: Bainville y privilégie la causalité, la longue durée et la lucidité conservatrice, plutôt que l'emphase idéologique ou la fresque romanesque.
Historien, journaliste et académicien, Bainville fut l'un des esprits les plus pénétrants de la tradition nationaliste et monarchiste française. Son attention aux équilibres européens, aux fautes des États et aux conséquences imprévues des crises éclaire ici son intérêt pour la Russie révolutionnaire. S'il écrit depuis un horizon politique bien défini, ce positionnement nourrit précisément sa réflexion: comprendre comment un régime apparemment solide s'effondre lorsque les institutions, la guerre et les illusions réformatrices cessent de se soutenir mutuellement.
Ce livre mérite d'être recommandé à tout lecteur soucieux de comprendre la révolution russe par ses causes profondes plutôt que par ses mythes. On y trouve une intelligence des enchaînements historiques, une remarquable économie d'expression et un sens aigu de la fragilité des régimes. Même lorsqu'on discute ses présupposés, sa lecture demeure féconde et stimulante.
Dans Comment est née la révolution russe, Jacques Bainville propose moins un récit événementiel qu'une généalogie politique du cataclysme de 1917. Dans une prose dense, nerveuse et classique, il relie les faiblesses de l'autocratie, l'usure sociale de l'Empire, les maladresses gouvernementales et l'épreuve décisive de la guerre. L'ouvrage s'inscrit dans la grande littérature française d'interprétation historique du premier XXe siècle: Bainville y privilégie la causalité, la longue durée et la lucidité conservatrice, plutôt que l'emphase idéologique ou la fresque romanesque.
Historien, journaliste et académicien, Bainville fut l'un des esprits les plus pénétrants de la tradition nationaliste et monarchiste française. Son attention aux équilibres européens, aux fautes des États et aux conséquences imprévues des crises éclaire ici son intérêt pour la Russie révolutionnaire. S'il écrit depuis un horizon politique bien défini, ce positionnement nourrit précisément sa réflexion: comprendre comment un régime apparemment solide s'effondre lorsque les institutions, la guerre et les illusions réformatrices cessent de se soutenir mutuellement.
Ce livre mérite d'être recommandé à tout lecteur soucieux de comprendre la révolution russe par ses causes profondes plutôt que par ses mythes. On y trouve une intelligence des enchaînements historiques, une remarquable économie d'expression et un sens aigu de la fragilité des régimes. Même lorsqu'on discute ses présupposés, sa lecture demeure féconde et stimulante.