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Chimères autochtones. Le malentendu identitaire en Méditerranée
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- Nombre de pages120
- FormatePub
- ISBN978-2-8111-2691-9
- EAN9782811126919
- Date de parution16/01/2020
- Protection num.Digital Watermarking
- Taille3 Mo
- Infos supplémentairesepub
- ÉditeurKarthala
Résumé
Les mots « patrimoine », « racines », « identité » sont de plus en plus présents dans le lexique des argumentaires scientifiques et nationaux. Ils sont devenus des mots-clefs incontournables qui ne promeuvent pas seulement la sauvegarde, voire la sacralisation de monuments, de paysages et d'objets, mais charrient aussi la conservation et la fossilisation de formes, idées ou dogmes socioculturels. La métaphore la plus fréquente de l'enracinement est, en effet, l'arbre et l'on répète à l'envi que de belles frondaisons et des troncs solides s'obtiennent grâce à de profondes racines.
La « mondialisation » et la crise conjointe du modèle économique libéral interrogent de manière impérieuse le rapport entre l'individu et la nation, entre la personne et le sol, le résident et le territoire. L'actualité réveille aussi une notion jamais complètement endormie en France et ailleurs, l'« identité nationale », et restaure pour certains la validité du « récit national » en disqualifiant la recherche historienne, vidée de sa substance par la volonté d'établir une galerie de portraits qui livrerait l'essentiel. Parmi les idées qui paraissent autoriser ce déploiement lexical tellurique et identitaire, on compte en bonne place la notion d'autochtonie, souvent employée, ou remployée ainsi que l'écrivent les archéologues, mais rarement remise en question, comme si son sens allait de soi.
Ce recours actuel au concept d'autochtonie oblige à un retour vers le mot et son sens, pour ceux qui l'ont forgé en pays grec ancien et pour ceux qui souhaitent aujourd'hui l'utiliser, ou en suspendre l'usage, à bon escient.
La « mondialisation » et la crise conjointe du modèle économique libéral interrogent de manière impérieuse le rapport entre l'individu et la nation, entre la personne et le sol, le résident et le territoire. L'actualité réveille aussi une notion jamais complètement endormie en France et ailleurs, l'« identité nationale », et restaure pour certains la validité du « récit national » en disqualifiant la recherche historienne, vidée de sa substance par la volonté d'établir une galerie de portraits qui livrerait l'essentiel. Parmi les idées qui paraissent autoriser ce déploiement lexical tellurique et identitaire, on compte en bonne place la notion d'autochtonie, souvent employée, ou remployée ainsi que l'écrivent les archéologues, mais rarement remise en question, comme si son sens allait de soi.
Ce recours actuel au concept d'autochtonie oblige à un retour vers le mot et son sens, pour ceux qui l'ont forgé en pays grec ancien et pour ceux qui souhaitent aujourd'hui l'utiliser, ou en suspendre l'usage, à bon escient.




