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Baudelaire, pionnier du "théâtre et son double"
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- Nombre de pages130
- FormatePub
- ISBN978-2-38647-799-7
- EAN9782386477997
- Date de parution01/09/2025
- Protection num.Digital Watermarking
- Taille7 Mo
- Infos supplémentairesepub
- ÉditeurEDITIONS COMPLICITES
Résumé
Charles Baudelaire (1821-1867) est surtout connu pour Les Fleurs du mal, Petits poèmes en prose et Paradis artificiels. Ses ébauches de théâtre, ignorées de son vivant et tombées dans les oubliettes littéraires, méritent cependant d'être explorées pour leur vision singulière de la scène, à cent-soixante-dix ans d'intervalle. Il s'agit de fragments, plans jetés sur le papier, où le péché originel et la chute de l'homme, sa solitude et sa révolte contre sa damnation, la dualité ange-démon de la femme, thèmes chers au poète, s'accommodent mal d'un matérialisme qui sape les fondations du christianisme et ses mythes.
Ses principaux projets, L'Ivrogne, La Fin de Don Juan, Le Marquis du Ier housards et Idéolus, annoncent déjà le « théâtre et son double » d'Antonin Artaud au XXe siècle, celui de la cruauté expérimentale par excellence. Baudelaire y décrit le jeu du bien et du mal par des antinomies qui lui sont familières : hubris/humilité, amour/aliénation, déraison/lucidité, liberté/mort, jouissance/crime... Il innove en esquissant une représentation de la souffrance humaine comme lecture de l'âme du héros, seul.
Il veut aussi en être le démiurge scénique, au-delà de toutes les conventions du théâtre. Mais celui du Second Empire, qu'il juge par ailleurs servile et cupide, lui fait la sourde oreille. Pressé d'obtenir une avance sur recettes, Baudelaire s'épuise à vouloir vendre ses idées aux directeurs de théâtre, obnubilés par leur prestige social et leurs recettes. Pendant dix ans, il échoue à opposer au vaudeville et au drame bourgeois le concept d'une tragédie moderne où L'Héautontimorouménos (Bourreau de soi-même) serait, de surcroît, victime de la loi implacable du progrès.
Il ne s'en relèvera pas.
Ses principaux projets, L'Ivrogne, La Fin de Don Juan, Le Marquis du Ier housards et Idéolus, annoncent déjà le « théâtre et son double » d'Antonin Artaud au XXe siècle, celui de la cruauté expérimentale par excellence. Baudelaire y décrit le jeu du bien et du mal par des antinomies qui lui sont familières : hubris/humilité, amour/aliénation, déraison/lucidité, liberté/mort, jouissance/crime... Il innove en esquissant une représentation de la souffrance humaine comme lecture de l'âme du héros, seul.
Il veut aussi en être le démiurge scénique, au-delà de toutes les conventions du théâtre. Mais celui du Second Empire, qu'il juge par ailleurs servile et cupide, lui fait la sourde oreille. Pressé d'obtenir une avance sur recettes, Baudelaire s'épuise à vouloir vendre ses idées aux directeurs de théâtre, obnubilés par leur prestige social et leurs recettes. Pendant dix ans, il échoue à opposer au vaudeville et au drame bourgeois le concept d'une tragédie moderne où L'Héautontimorouménos (Bourreau de soi-même) serait, de surcroît, victime de la loi implacable du progrès.
Il ne s'en relèvera pas.



