Aspects du corps dans l'oeuvre de Romain Gary

Par : Jean-François Pépin

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  • Nombre de pages232
  • FormatPDF
  • ISBN2-296-32024-4
  • EAN9782296320246
  • Date de parution15/04/2003
  • Copier Coller01 page(s) autorisée(s)
  • Protection num.Digital Watermarking
  • Taille6 Mo
  • ÉditeurL'Harmattan

Résumé

Le corps, dans l'œuvre de Romain Gary, dépasse largement ses limites physiologiques. Il acquiert une dimension politique, religieuse, tout en restant un instrument privilégié d'humour. C'est là la principale source de difficulté pour son appréhension. N'hésitant pas à recourir à l'inversion presque systématique, les personnages garyens dénoncent à l'envi les perversions de l'intelligence, la monstruosité des idées, bref détrônent la tête au profit de l'angélisme prêté au " cul ".
Tout devient alors prétexte à interprétation débridée, depuis les entrailles, siège véritable de l'âme, jusqu'au sexe idéologique. Dans un univers où l'homme peine tant à être lui-même, à savoir doté de qualités véritablement " humaines, humanistes et humanisantes ", la trahison du corps ne peut guère passer pour une surprise. Incapable d'assumer sa propre humanité, l'individu présente une enveloppe externe, une peau, apparence d'homme, mais sans personne à l'intérieur.
Au commencement est le cœur, siège traditionnel des émotions, simple organe sans affect véritable. Puis viennent les bras, souvent inutiles, dans une étreinte sans objet. Le poids du corps passe de ce fait aux organes internes, dans le flux de l'ingestion, digestion, excrétion, révélateur de l'aptitude de l'âme à nous traverser sans nous concerner réellement. Il en va de même du sexe, illusoire pouvoir d'une masculinité en quête d'elle même, peu capable de rendre compte d'une relation réciproque.
L'individu par excellence, dans son entier, paraît sous les traits de la femme, après cette revue organique. Visages multiples pour une vénusté commune, recherche d'un corps pour deux, la femme garyenne est souvent sans plaisir, partagée entre l'indifférence et le refus. C'est à la figure renouvelée de la " bonne pute " que s'attache, non l'orgasme ou le désir, mais un plaidoyer charnel en faveur de " l'innocence du cul ", dans un monde où coucher avec quelqu'un est encore le meilleur moyen de ne pas se rencontrer.
Ne complétant pas forcément les portraits de femme, le portrait d'hommes se cherche dans une " gueule " christique, mâtinée de flibustier, au travers des émois adolescents ou du drame de l'impuissance, avant de prôner l'abstention nécessaire, la ferme volonté de ne pas se reproduire. Tous ont en commun l'espoir de l'Homme à venir, et, dans l'immédiat, celui de pouvoir changer de peau. Illusoire prévention, pour laquelle la science s'avère impuissante.
Car le corps, par personnages interposés, ne s'affirme que dans une recréation continue, œuvre d'imagination permanente. Il ne saurait y avoir un seul corps, celui que j'ai, imposé, corps-prison, quand le corps que je suis le fait exploser pour donner naissance à d'infinies variations de la liberté d'être.
Le corps, dans l'œuvre de Romain Gary, dépasse largement ses limites physiologiques. Il acquiert une dimension politique, religieuse, tout en restant un instrument privilégié d'humour. C'est là la principale source de difficulté pour son appréhension. N'hésitant pas à recourir à l'inversion presque systématique, les personnages garyens dénoncent à l'envi les perversions de l'intelligence, la monstruosité des idées, bref détrônent la tête au profit de l'angélisme prêté au " cul ".
Tout devient alors prétexte à interprétation débridée, depuis les entrailles, siège véritable de l'âme, jusqu'au sexe idéologique. Dans un univers où l'homme peine tant à être lui-même, à savoir doté de qualités véritablement " humaines, humanistes et humanisantes ", la trahison du corps ne peut guère passer pour une surprise. Incapable d'assumer sa propre humanité, l'individu présente une enveloppe externe, une peau, apparence d'homme, mais sans personne à l'intérieur.
Au commencement est le cœur, siège traditionnel des émotions, simple organe sans affect véritable. Puis viennent les bras, souvent inutiles, dans une étreinte sans objet. Le poids du corps passe de ce fait aux organes internes, dans le flux de l'ingestion, digestion, excrétion, révélateur de l'aptitude de l'âme à nous traverser sans nous concerner réellement. Il en va de même du sexe, illusoire pouvoir d'une masculinité en quête d'elle même, peu capable de rendre compte d'une relation réciproque.
L'individu par excellence, dans son entier, paraît sous les traits de la femme, après cette revue organique. Visages multiples pour une vénusté commune, recherche d'un corps pour deux, la femme garyenne est souvent sans plaisir, partagée entre l'indifférence et le refus. C'est à la figure renouvelée de la " bonne pute " que s'attache, non l'orgasme ou le désir, mais un plaidoyer charnel en faveur de " l'innocence du cul ", dans un monde où coucher avec quelqu'un est encore le meilleur moyen de ne pas se rencontrer.
Ne complétant pas forcément les portraits de femme, le portrait d'hommes se cherche dans une " gueule " christique, mâtinée de flibustier, au travers des émois adolescents ou du drame de l'impuissance, avant de prôner l'abstention nécessaire, la ferme volonté de ne pas se reproduire. Tous ont en commun l'espoir de l'Homme à venir, et, dans l'immédiat, celui de pouvoir changer de peau. Illusoire prévention, pour laquelle la science s'avère impuissante.
Car le corps, par personnages interposés, ne s'affirme que dans une recréation continue, œuvre d'imagination permanente. Il ne saurait y avoir un seul corps, celui que j'ai, imposé, corps-prison, quand le corps que je suis le fait exploser pour donner naissance à d'infinies variations de la liberté d'être.
La culture générale pour les nuls
Florence Braunstein, Jean-François Pépin, Ivan Gouillon, Aline Chetail
Audiobook
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