Algérie, procès d'un système militaire. L'armée appartient-elle au peuple, ou est-ce le peuple qui appartient à l'armée ?

Par : Kamel Lakhdar Chaouche
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  • FormatMulti-format
  • ISBN978-2-36093-083-8
  • EAN9782360930838
  • Date de parution20/02/2020
  • Protection num.pas de protection
  • Infos supplémentairesMulti-Format
  • ÉditeurVA Editions

Résumé

Comment l'Algérie qui a défié la puissance coloniale française a-t-elle pu sombrer dans le chaos des années 1990 ? Pour répondre à cette question, il faut remonter le temps pour situer la dérive : celle de la primauté du militaire sur le politique et la confiscation de l'indépendance par l'armée des frontières. Le coup d'État contre le GPRA, durant l'été 1962, ouvre une série de violences dont a été victime la volonté populaire et la véritable légitimité historique.
L'armée des frontières, qui prendra le pouvoir, étouffe alors la vie politique, fait taire les divergences, écarte les récalcitrants et élimine les opposants. C'est ainsi que les véritables héros de la Révolution algérienne seront emprisonnés, exilés ou assassinés. Leurs noms seront bannis de l'histoire officielle, laquelle sera dédiée à la gloire des nouveaux maîtres d'Alger. Mais la société évolue et les contradictions feront éclater le vernis qui cachait la triste réalité algérienne.
Le modèle socio-économique et politique n'arrivait plus à contenir les aspirations des masses à plus d'égalité, de liberté et de bien-être social et implosera en octobre 1988. La révolte du peuple sera détournée à des fins de luttes de clans et de recomposition du régime, au prix de répression et de privation. Le noyau dur du système, l'armée, fera sombrer le pays dans le chaos et la guerre civile.
C'est désarmé et résigné que le peuple assiste le 29 juin 1992 à l'exécution en direct sur la télévision du président Mohamed Boudiaf, l'un des pères de la révolution algérienne. Cet assassinat politique finira par enlever tout crédit à l'armée qui prétendait sauver le pays du projet moyenâgeux des islamistes et plongera le pays dans l'épisode le plus sombre de son histoire contemporaine. Ce livre expose la généalogie du pouvoir militaire en Algérie en allant vers ses origines historiques, politiques, sociologiques.
Les événements seront jugés importants en fonction de leur apport pour expliquer la primauté du militaire sur le politique et la cristallisation d'un noyau dur formé de militaires. Pour ce faire, le livre interroge le peuple, sa mémoire, ses témoins et ses victimes. La structure du livre conduit enfin à diagnostiquer, à analyser, à faire témoigner qu'à chaque étape de l'histoire contemporaine, d'autres manières de penser et d'agir existaient, mais étaient réprimées.
Tout cela plaide pour une meilleure compréhension du phénomène de changement politique en Algérie et la nécessité de passer d'un régime militaire à un État civil.