Le Bateau de mariage repose sur une manipulation du réel voulue par le romancier pour mieux révéler la réalité enfouie sous ses diverses formes de normalité. A quelle époque sommes-nous ? Dans quelle France ? Visiblement, dans une France dont la Révolution nationale de Pétain serait devenue durablement la matrice. Cette France a existé. A-t-elle disparu en 1944 ? L'auteur invente une coutume selon laquelle les futurs mariés doivent acquérir un bateau qui ne servira que le jour de leurs noces, puis se séparer pour un mois d'abstinence afin de satisfaire à la tradition.
Caractéristique d'une société assujettie aux valeurs de la terre, de la hiérarchie, de l'ordre moral et religieux, cette tradition s'accompagne de bien d'autres, plus troublantes, comme celle qui oblige Aconit, héros du roman et instituteur de son état, à enseigner aux enfants la distinction entre la liberté et la licence, l'ordre et l'anarchie, la France et l'anti-France. Appliqué dans sa tâche, Aconit préfère la soumission...
jusqu'au moment où cela se révèle impossible. Le roman met à nu, avec une ironie feutrée, quelques-unes des racines pétainistes d'une réalité dont on peut voir, dernièrement, qu'elle est prête à refaire surface.
Le Bateau de mariage repose sur une manipulation du réel voulue par le romancier pour mieux révéler la réalité enfouie sous ses diverses formes de normalité. A quelle époque sommes-nous ? Dans quelle France ? Visiblement, dans une France dont la Révolution nationale de Pétain serait devenue durablement la matrice. Cette France a existé. A-t-elle disparu en 1944 ? L'auteur invente une coutume selon laquelle les futurs mariés doivent acquérir un bateau qui ne servira que le jour de leurs noces, puis se séparer pour un mois d'abstinence afin de satisfaire à la tradition.
Caractéristique d'une société assujettie aux valeurs de la terre, de la hiérarchie, de l'ordre moral et religieux, cette tradition s'accompagne de bien d'autres, plus troublantes, comme celle qui oblige Aconit, héros du roman et instituteur de son état, à enseigner aux enfants la distinction entre la liberté et la licence, l'ordre et l'anarchie, la France et l'anti-France. Appliqué dans sa tâche, Aconit préfère la soumission...
jusqu'au moment où cela se révèle impossible. Le roman met à nu, avec une ironie feutrée, quelques-unes des racines pétainistes d'une réalité dont on peut voir, dernièrement, qu'elle est prête à refaire surface.