"C'est l'éléphant dans la pièce. Il y a aujourd'hui beaucoup plus de riches qu'hier, et surtout beaucoup plus d'ultra-riches. Le phénomène est massif, documenté - et pourtant, étrangement, la question n'est presque jamais posée frontalement : Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Et pourquoi eux ? Il est question de fiscalité, d'optimisation, de fraude, d'évasion. On parle d'impôts trop faibles, de redistribution insuffisante.
Mais ce sont là des explications secondaires, parfois commodes, souvent moralisantes. Quoi que l'on pense de notre système fiscal, les riches ne sont pas riches parce qu'ils ne sont pas assez taxés. La vraie question est ailleurs. Elle est plus inconfortable, plus politique, marxienne par son objet : Comment les riches ont-ils remporté la lutte des classes ? C'est pour répondre à cette question que je suis allé voir Alain Minc.
Parce qu'il est, en France, un acteur-clé du monde des affaires. Il est au coeur de ce système, sans en être officiellement le centre, à la fois acteur et spectateur. C'est ce regard-là que je cherchais". G. E.
"C'est l'éléphant dans la pièce. Il y a aujourd'hui beaucoup plus de riches qu'hier, et surtout beaucoup plus d'ultra-riches. Le phénomène est massif, documenté - et pourtant, étrangement, la question n'est presque jamais posée frontalement : Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Et pourquoi eux ? Il est question de fiscalité, d'optimisation, de fraude, d'évasion. On parle d'impôts trop faibles, de redistribution insuffisante.
Mais ce sont là des explications secondaires, parfois commodes, souvent moralisantes. Quoi que l'on pense de notre système fiscal, les riches ne sont pas riches parce qu'ils ne sont pas assez taxés. La vraie question est ailleurs. Elle est plus inconfortable, plus politique, marxienne par son objet : Comment les riches ont-ils remporté la lutte des classes ? C'est pour répondre à cette question que je suis allé voir Alain Minc.
Parce qu'il est, en France, un acteur-clé du monde des affaires. Il est au coeur de ce système, sans en être officiellement le centre, à la fois acteur et spectateur. C'est ce regard-là que je cherchais". G. E.