Les ruses de Ti Jean, la bêtise invétérée de Grandiab, occupent une belle place dans le farfar des contes réunionnais. Si le personnage de Grandiab est infiniment bête, il ne faut pas perdre de vue qu'il est surtout méchant. Méchant parce qu'ignorant, diraient les philosophes. Croire en l'Homme ne doit pas faire oublier qu'il y a en chacun un Diable qui sommeille, qu'un Grand Yab peut cacher un Grandiab.
Comment parler avec légèreté de cette cohabitation, au plus intime, du Bien et du Mal ? Le burlesque de ces trois contes y contribue. EXTRAIT Grand'Yab était un monstre. Vous pensez peut-être à ces monstres qui ne se montrent pas, qui déguisent sous la politesse d'un bonjour hypocrite la scélératesse d'une méchanceté toujours prête à vous assassiner. Par derrière. Grand'Yab était trop bête pour cela.
Sa monstruosité se donnait à voir telle quelle. Par devant. Imaginez une créature laide comme une malédiction, l'âme débordant de péchés capitaux, la bouche mauvaise de vomissures de jurements. Du battant des lames au sommet des montagnes, le soupçon de sa présence terrifiait bêtes et gens. Tous les habitants le fuyaient. Ils ne s'éloignaient pas, ils disparaissaient. Sauf Ti Jean. Les recommandations angoissées de sa mère glissaient sur lui comme sur le vernis d'une feuille de songe.
Ce garçon était le seul à braver les interdits qui avaient pour objet ce mélange de peste et de choléra. A vrai dire, l'assurance de Ti Jean était déconcertante. Disproportionnée. La maigreur du marmay était avérée et il se savait bien trop chétif pour affronter l'animal. Reste qu'il pouvait compter sur la malice qu'il avait en abondance. La renommée de ses ruses avait déjà accosté, des Mascareignes, les îles les plus lointaines...
Les ruses de Ti Jean, la bêtise invétérée de Grandiab, occupent une belle place dans le farfar des contes réunionnais. Si le personnage de Grandiab est infiniment bête, il ne faut pas perdre de vue qu'il est surtout méchant. Méchant parce qu'ignorant, diraient les philosophes. Croire en l'Homme ne doit pas faire oublier qu'il y a en chacun un Diable qui sommeille, qu'un Grand Yab peut cacher un Grandiab.
Comment parler avec légèreté de cette cohabitation, au plus intime, du Bien et du Mal ? Le burlesque de ces trois contes y contribue. EXTRAIT Grand'Yab était un monstre. Vous pensez peut-être à ces monstres qui ne se montrent pas, qui déguisent sous la politesse d'un bonjour hypocrite la scélératesse d'une méchanceté toujours prête à vous assassiner. Par derrière. Grand'Yab était trop bête pour cela.
Sa monstruosité se donnait à voir telle quelle. Par devant. Imaginez une créature laide comme une malédiction, l'âme débordant de péchés capitaux, la bouche mauvaise de vomissures de jurements. Du battant des lames au sommet des montagnes, le soupçon de sa présence terrifiait bêtes et gens. Tous les habitants le fuyaient. Ils ne s'éloignaient pas, ils disparaissaient. Sauf Ti Jean. Les recommandations angoissées de sa mère glissaient sur lui comme sur le vernis d'une feuille de songe.
Ce garçon était le seul à braver les interdits qui avaient pour objet ce mélange de peste et de choléra. A vrai dire, l'assurance de Ti Jean était déconcertante. Disproportionnée. La maigreur du marmay était avérée et il se savait bien trop chétif pour affronter l'animal. Reste qu'il pouvait compter sur la malice qu'il avait en abondance. La renommée de ses ruses avait déjà accosté, des Mascareignes, les îles les plus lointaines...