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Frédéric Cousinié
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Une icône pour le tsar
Quelle est l'identité de l'auteur du tableau que nous admirons ? Et en quoi consiste l'unité même de l'oeuvre que nous contemplons ? Cette double incertitude nous saisit avec force devant les toiles de Jacques-Auguste-Dominique Ingres, alors même que leur présence imposante et l'autorité de leur auteur devraient plutôt nous rassurer. Le tableau de La Vierge adorant l'eucharistie, peint à Rome pour le tsar Nicolas Ier en 1840-1841, est ici emblématique.
Les modèles (Raphaël, Fra Bartolomeo mais aussi les icônes russes), les disciples (Henri Lehmann, Raymond Balze) et les intermédiaires (la princesse Zinaïda Volkonskaïa, Nicolas Gogol) ont leur part plus ou moins dissimulée dans la réalisation du Maître. Quant à l'unité du chef-d'oeuvre que l'on voudrait incomparable, elle se pluralise en précédents, études, alternatives, reprises, copies ou variations.
Plus encore, l'oeuvre parfaite, léchée en tous ses détails, close sur elle-même en un puzzle sans interstice, immobile et comme hors du temps, est parcourue d'un souffle imperceptible où s'engouffre tout le vent de l'Histoire : rivalités artistiques, conflits théologiques et diplomatiques, identités nationales et politiques, intrigues, manipulations et luttes d'influence qui résonnent encore étrangement jusqu'à nos jours troublés.
Les modèles (Raphaël, Fra Bartolomeo mais aussi les icônes russes), les disciples (Henri Lehmann, Raymond Balze) et les intermédiaires (la princesse Zinaïda Volkonskaïa, Nicolas Gogol) ont leur part plus ou moins dissimulée dans la réalisation du Maître. Quant à l'unité du chef-d'oeuvre que l'on voudrait incomparable, elle se pluralise en précédents, études, alternatives, reprises, copies ou variations.
Plus encore, l'oeuvre parfaite, léchée en tous ses détails, close sur elle-même en un puzzle sans interstice, immobile et comme hors du temps, est parcourue d'un souffle imperceptible où s'engouffre tout le vent de l'Histoire : rivalités artistiques, conflits théologiques et diplomatiques, identités nationales et politiques, intrigues, manipulations et luttes d'influence qui résonnent encore étrangement jusqu'à nos jours troublés.
Quelle est l'identité de l'auteur du tableau que nous admirons ? Et en quoi consiste l'unité même de l'oeuvre que nous contemplons ? Cette double incertitude nous saisit avec force devant les toiles de Jacques-Auguste-Dominique Ingres, alors même que leur présence imposante et l'autorité de leur auteur devraient plutôt nous rassurer. Le tableau de La Vierge adorant l'eucharistie, peint à Rome pour le tsar Nicolas Ier en 1840-1841, est ici emblématique.
Les modèles (Raphaël, Fra Bartolomeo mais aussi les icônes russes), les disciples (Henri Lehmann, Raymond Balze) et les intermédiaires (la princesse Zinaïda Volkonskaïa, Nicolas Gogol) ont leur part plus ou moins dissimulée dans la réalisation du Maître. Quant à l'unité du chef-d'oeuvre que l'on voudrait incomparable, elle se pluralise en précédents, études, alternatives, reprises, copies ou variations.
Plus encore, l'oeuvre parfaite, léchée en tous ses détails, close sur elle-même en un puzzle sans interstice, immobile et comme hors du temps, est parcourue d'un souffle imperceptible où s'engouffre tout le vent de l'Histoire : rivalités artistiques, conflits théologiques et diplomatiques, identités nationales et politiques, intrigues, manipulations et luttes d'influence qui résonnent encore étrangement jusqu'à nos jours troublés.
Les modèles (Raphaël, Fra Bartolomeo mais aussi les icônes russes), les disciples (Henri Lehmann, Raymond Balze) et les intermédiaires (la princesse Zinaïda Volkonskaïa, Nicolas Gogol) ont leur part plus ou moins dissimulée dans la réalisation du Maître. Quant à l'unité du chef-d'oeuvre que l'on voudrait incomparable, elle se pluralise en précédents, études, alternatives, reprises, copies ou variations.
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