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Philippe Postel

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L'Europe à l'écoute de ses ailleurs
Ce numéro a pour but premier de rendre visible certaines des sources extra-européennes de ce qui est considéré comme représentatif de l'identité culturelle et littéraire européenne, par exemple de révéler ou du moins de réexaminer une source arabe de Robinson Crusoé (1719), roman couramment considéré comme le modèle du roman européen moderne. Il s'agit de montrer comment l'Europe a su se mettre à l'écoute de ses "ailleurs" , ce que nous appellerons, en empruntant l'expression au vocabulaire économique, le "reste du monde" .
Dans ce vaste champ de la critique appliquée à la littérature mondiale, on peut au moins dégager deux courants, dont le premier, qui n'est pas l'objet dans ce numéro, est l'étude de l'influence de l'Europe dans le monde. Cette première orientation prévaut dans les études postcoloniales ou les études décoloniales si l'on veut marquer davantage l'engagement politique investi dans la recherche, comporte une dimension critique qui lui est inhérente : il s'agit de déconstruire le caractère universel des valeurs ou des modèles européens, ce que l'on comprend le plus souvent dans l'expression "provincialiser l'Europe" de Chakrabarty.
A l'intérieur de cette orientation, on reconnaît volontiers aujourd'hui que l'influence de l'Europe dans le reste du monde a tellement imprégné les formes, mais aussi les cadres de pensée et le langage, qu'il est vain d'envisager un retour en arrière ni même de penser une culture, quelle qu'elle soit, comme un isolat. Le correctif apporté ces dernières années à la position maintenant datée et bien souvent caricaturée il faut l'admettre, des premiers tenants de la critique post-coloniale, consiste à replacer cette influence de l'Europe sur le reste du monde dans une période longue, ce qui conduit à relativiser le phénomène : en effet, cette influence s'exerce certes de façon massive et irréversible, mais sur une période assez restreinte, grosso modo à partir de la Renaissance.
Or, prendre en considération la période longue permet d'inverser le courant et de constater qu'en bien des cas, c'est le reste du monde qui a influencé l'Europe : c'est le parti pris de ce numéro.
Dans ce vaste champ de la critique appliquée à la littérature mondiale, on peut au moins dégager deux courants, dont le premier, qui n'est pas l'objet dans ce numéro, est l'étude de l'influence de l'Europe dans le monde. Cette première orientation prévaut dans les études postcoloniales ou les études décoloniales si l'on veut marquer davantage l'engagement politique investi dans la recherche, comporte une dimension critique qui lui est inhérente : il s'agit de déconstruire le caractère universel des valeurs ou des modèles européens, ce que l'on comprend le plus souvent dans l'expression "provincialiser l'Europe" de Chakrabarty.
A l'intérieur de cette orientation, on reconnaît volontiers aujourd'hui que l'influence de l'Europe dans le reste du monde a tellement imprégné les formes, mais aussi les cadres de pensée et le langage, qu'il est vain d'envisager un retour en arrière ni même de penser une culture, quelle qu'elle soit, comme un isolat. Le correctif apporté ces dernières années à la position maintenant datée et bien souvent caricaturée il faut l'admettre, des premiers tenants de la critique post-coloniale, consiste à replacer cette influence de l'Europe sur le reste du monde dans une période longue, ce qui conduit à relativiser le phénomène : en effet, cette influence s'exerce certes de façon massive et irréversible, mais sur une période assez restreinte, grosso modo à partir de la Renaissance.
Or, prendre en considération la période longue permet d'inverser le courant et de constater qu'en bien des cas, c'est le reste du monde qui a influencé l'Europe : c'est le parti pris de ce numéro.
Ce numéro a pour but premier de rendre visible certaines des sources extra-européennes de ce qui est considéré comme représentatif de l'identité culturelle et littéraire européenne, par exemple de révéler ou du moins de réexaminer une source arabe de Robinson Crusoé (1719), roman couramment considéré comme le modèle du roman européen moderne. Il s'agit de montrer comment l'Europe a su se mettre à l'écoute de ses "ailleurs" , ce que nous appellerons, en empruntant l'expression au vocabulaire économique, le "reste du monde" .
Dans ce vaste champ de la critique appliquée à la littérature mondiale, on peut au moins dégager deux courants, dont le premier, qui n'est pas l'objet dans ce numéro, est l'étude de l'influence de l'Europe dans le monde. Cette première orientation prévaut dans les études postcoloniales ou les études décoloniales si l'on veut marquer davantage l'engagement politique investi dans la recherche, comporte une dimension critique qui lui est inhérente : il s'agit de déconstruire le caractère universel des valeurs ou des modèles européens, ce que l'on comprend le plus souvent dans l'expression "provincialiser l'Europe" de Chakrabarty.
A l'intérieur de cette orientation, on reconnaît volontiers aujourd'hui que l'influence de l'Europe dans le reste du monde a tellement imprégné les formes, mais aussi les cadres de pensée et le langage, qu'il est vain d'envisager un retour en arrière ni même de penser une culture, quelle qu'elle soit, comme un isolat. Le correctif apporté ces dernières années à la position maintenant datée et bien souvent caricaturée il faut l'admettre, des premiers tenants de la critique post-coloniale, consiste à replacer cette influence de l'Europe sur le reste du monde dans une période longue, ce qui conduit à relativiser le phénomène : en effet, cette influence s'exerce certes de façon massive et irréversible, mais sur une période assez restreinte, grosso modo à partir de la Renaissance.
Or, prendre en considération la période longue permet d'inverser le courant et de constater qu'en bien des cas, c'est le reste du monde qui a influencé l'Europe : c'est le parti pris de ce numéro.
Dans ce vaste champ de la critique appliquée à la littérature mondiale, on peut au moins dégager deux courants, dont le premier, qui n'est pas l'objet dans ce numéro, est l'étude de l'influence de l'Europe dans le monde. Cette première orientation prévaut dans les études postcoloniales ou les études décoloniales si l'on veut marquer davantage l'engagement politique investi dans la recherche, comporte une dimension critique qui lui est inhérente : il s'agit de déconstruire le caractère universel des valeurs ou des modèles européens, ce que l'on comprend le plus souvent dans l'expression "provincialiser l'Europe" de Chakrabarty.
A l'intérieur de cette orientation, on reconnaît volontiers aujourd'hui que l'influence de l'Europe dans le reste du monde a tellement imprégné les formes, mais aussi les cadres de pensée et le langage, qu'il est vain d'envisager un retour en arrière ni même de penser une culture, quelle qu'elle soit, comme un isolat. Le correctif apporté ces dernières années à la position maintenant datée et bien souvent caricaturée il faut l'admettre, des premiers tenants de la critique post-coloniale, consiste à replacer cette influence de l'Europe sur le reste du monde dans une période longue, ce qui conduit à relativiser le phénomène : en effet, cette influence s'exerce certes de façon massive et irréversible, mais sur une période assez restreinte, grosso modo à partir de la Renaissance.
Or, prendre en considération la période longue permet d'inverser le courant et de constater qu'en bien des cas, c'est le reste du monde qui a influencé l'Europe : c'est le parti pris de ce numéro.
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