A l'origine fut la poésie des fondateurs : le récit épique ; ensuite surgit la poésie de l'homme : la tragédie, la lyrique ; puis l'histoire de ses gestes, de ses entreprises ; enfin, le sens à donner à toute cette oeuvre issue de ses mains, à cette fabrication d'outils et de monuments : la philosophie de l'histoire. Par ses négations, ses ruptures de civilisation, le XXe siècle a humilié le savoir de l'histoire, le livre de la famille humaine.
Nous livrant à des savoirs analytiques qui creusent et renvoient sans cesse le moment et la possibilité même d'une soudure, d'une synthèse, nous ne pouvons plus "nous représenter" nous-mêmes, notre statut d'êtres vivants, uniques. Ce livre s'est donc formé comme un parcours "étiologique" , une recherche des causes, dont la poésie - comme aux origines des écritures et au-delà des apories de l'histoire et des sciences - reste le témoin le plus fidèle.
Une poésie néanmoins consciente de son inactualité : car sa parole - comme l'écrit Paul Celan - n'est pas d'ici ; elle est le Zeltwort, le "mot-tente" qui nous réunit, "au nord du futur" .
A l'origine fut la poésie des fondateurs : le récit épique ; ensuite surgit la poésie de l'homme : la tragédie, la lyrique ; puis l'histoire de ses gestes, de ses entreprises ; enfin, le sens à donner à toute cette oeuvre issue de ses mains, à cette fabrication d'outils et de monuments : la philosophie de l'histoire. Par ses négations, ses ruptures de civilisation, le XXe siècle a humilié le savoir de l'histoire, le livre de la famille humaine.
Nous livrant à des savoirs analytiques qui creusent et renvoient sans cesse le moment et la possibilité même d'une soudure, d'une synthèse, nous ne pouvons plus "nous représenter" nous-mêmes, notre statut d'êtres vivants, uniques. Ce livre s'est donc formé comme un parcours "étiologique" , une recherche des causes, dont la poésie - comme aux origines des écritures et au-delà des apories de l'histoire et des sciences - reste le témoin le plus fidèle.
Une poésie néanmoins consciente de son inactualité : car sa parole - comme l'écrit Paul Celan - n'est pas d'ici ; elle est le Zeltwort, le "mot-tente" qui nous réunit, "au nord du futur" .