Est-on obligé d'aimer sa mère ?Quand on a grandi sous les humiliations, les silences et les coups, a-t-on seulement le droit de lui en vouloir ? Et si elle meurt sans avoir jamais demandé pardon, peut-on encore espérer s'en libérer ?Édith s'est jetée du huitième étage. Dix jours plus tôt, son mari mourait d'un cancer. François, son fils aîné, revient au crématorium pour la deuxième fois en deux semaines.
Même lieu. Même cérémonial. Même silence. Mais toujours aucune larme. Pas une seule. Un fils devrait pleurer sa mère, n'est-ce pas ?Sauf que François n'y arrive pas. Pas après tout ça. Pas après une enfance à Kinshasa où il n'a été qu'un poids : un fils de père inconnu dans une famille recomposée qui ne voulait pas de lui. Un beau-père qui cachait son existence. Une mère qui frappait, humiliait, se taisait.
Puis l'arrachement. l'exil dans un pensionnat bordelais, loin de la seule chaleur qui rendait la douleur supportable : celle de l'Afrique. Aujourd'hui, tandis qu'il apprend à aimer de nouveau auprès d'une femme, toute la colère enfouie remonte. François veut comprendre. Comprendre Édith, cette fille-mère française débarquée seule et enceinte dans un Congo encore secoué par les fantômes de la colonisation.
Comprendre d'où vient cette culpabilité qui le ronge depuis toujours : la culpabilité d'être né. Comprendre, surtout, si le mal qu'on lui a fait, il ne l'a pas transmis, à son tour, à ses propres enfants. Et puis il y a le petit cahier rouge. Celui qu'Édith a laissé à son attention. Au fond d'un tiroir. Comme un dernier murmure. ou un dernier piège. Avec Édith, rien n'a jamais été simple. Pas même l'amour.
Surtout pas l'amour.
Est-on obligé d'aimer sa mère ?Quand on a grandi sous les humiliations, les silences et les coups, a-t-on seulement le droit de lui en vouloir ? Et si elle meurt sans avoir jamais demandé pardon, peut-on encore espérer s'en libérer ?Édith s'est jetée du huitième étage. Dix jours plus tôt, son mari mourait d'un cancer. François, son fils aîné, revient au crématorium pour la deuxième fois en deux semaines.
Même lieu. Même cérémonial. Même silence. Mais toujours aucune larme. Pas une seule. Un fils devrait pleurer sa mère, n'est-ce pas ?Sauf que François n'y arrive pas. Pas après tout ça. Pas après une enfance à Kinshasa où il n'a été qu'un poids : un fils de père inconnu dans une famille recomposée qui ne voulait pas de lui. Un beau-père qui cachait son existence. Une mère qui frappait, humiliait, se taisait.
Puis l'arrachement. l'exil dans un pensionnat bordelais, loin de la seule chaleur qui rendait la douleur supportable : celle de l'Afrique. Aujourd'hui, tandis qu'il apprend à aimer de nouveau auprès d'une femme, toute la colère enfouie remonte. François veut comprendre. Comprendre Édith, cette fille-mère française débarquée seule et enceinte dans un Congo encore secoué par les fantômes de la colonisation.
Comprendre d'où vient cette culpabilité qui le ronge depuis toujours : la culpabilité d'être né. Comprendre, surtout, si le mal qu'on lui a fait, il ne l'a pas transmis, à son tour, à ses propres enfants. Et puis il y a le petit cahier rouge. Celui qu'Édith a laissé à son attention. Au fond d'un tiroir. Comme un dernier murmure. ou un dernier piège. Avec Édith, rien n'a jamais été simple. Pas même l'amour.
Surtout pas l'amour.