La Licorne N° 119/2016
Penser la prose dans le monde gréco-romain

Par : Jean-Philippe Guez, Dimitri Kasprzyk
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  • Nombre de pages190
  • PrésentationBroché
  • Poids0.276 kg
  • Dimensions15,4 cm × 21,0 cm × 1,5 cm
  • ISBN978-2-7535-4783-4
  • EAN9782753547834
  • Date de parution22/04/2016
  • ÉditeurPU Rennes

Résumé

La prose n'a pas été, en Grèce ancienne, une forme vide ou transparente. Etroitement associée à la parole politique et au discours scientifique (philosophie, histoire, enquête sur la nature) dont, vers la fin de l'époque archaïque, elle a accompagné l'émergence, elle en a gardé un ensemble de connotations et une vocation propres. Cette personnalité est si marquée qu'on peut, comme l'a fait L Alma-Tadema dans le tableau reproduit sur la couverture de ce livre, dresser l'allégorie du langage en prose : masculin, studieux, adulte, aussi tendu vers le réel que la "Poésie", son double, s'abandonne, sous les traits d'une femme, à de vagues rêveries.
Plus qu'un portrait authentique, il s'agit d'une pose ou d'une posture ; la prose antique a su "rêver" elle aussi. Vers le début de notre ère en particulier, dans le paysage littéraire du monde gréco-romain, les formes de prose ont occupé une position dominante, et investi toutes les fonctions jadis réservées à la poésie : divertir, séduire, inventer des mondes imaginaires. Pourtant, les prosateurs n'ont cessé d'affirmer l'identité de la prose et d'exiger d'elle, alors même que la poésie devenait son modèle secret, qu'elle reste fidèle, d'une manière ou d'une autre, à son programme originel.
Héritiers de cette histoire complexe, théoriciens, orateurs, romanciers, auteurs de satires, de dialogues ou de "prosimètres" ont médité sur la nature de la prose ; ils ont mis au jour ses contradictions, défini ses modèles, formulé ses normes et ses recettes. Leurs réflexions et leurs pratiques font l'objet des neuf études réunies dans ce volume.
Maître de conférences de langue et littérature grecques à l'université de Poitiers, spécialiste du roman ancien, auquel il a consacré sa thèse et plusieurs articles, Jean-Philippe Guez a dirigé pour les Belles Lettres un volume présentant une nouvelle traduction des principaux spécimens du genre (Romans grecs et latins, 2016). Ses recherches actuelles portent sur les catégories poétiques de la Seconde Sophistique (Lucien, Philostrate), et sur la critique littéraire antique en général ; il dirige la préparation, par une équipe de chercheurs internationale, d'un Dictionnaire des images métapoétiques anciennes (à paraître aux Classiques Garnier).
Maître de conférences de langue et littérature grecques à l'université de Brest et membre de l'EA 4249-HCTI, Dimitri Kasprzyk travaille sur la littérature grecque d'époque impériale et a écrit plusieurs articles sur les romans grecs, Philostrate, Dion de Pruse et Artémidore ; il est co-auteur, avec Christophe Vendries, d'un livre sur Dion de Pruse (Spectacles et désordre à Alexandrie, PUR, 2012) et vient d'achever la traduction des Ethiopiques d'Héliodore (Les Belles-Lettres, 2016).