La dimension épistémologique et scientifique de l'œuvre de Berkeley, souvent négligée par les études de langue française, est au cœur même de sa pensée et en nourrit toutes les composantes, qu'elles soient ontologiques, morales ou théologiques. Parce que le monde lui-même est pour Berkeley le fruit d'une intelligence dont l'action nous serait manifeste si nous étions attentifs aux signes de sa puissance, sa philosophie se pense comme un tout cohérent et rationnel, un peu à la manière de l'arbre cartésien du savoir. Ainsi la démarche de l'évêque de Cloyne se veut-elle avant tout une clarification des domaines propres aux sciences, étant entendu que par le fait même que le monde existe, et qu'il est l'œuvre d'un Dieu transcendant, son étude scientifique, loin d'épuiser le tout de la réalité, reste à la surface des choses, qu'elle ne peut décrire qu'en termes purement mécaniques. Les différents textes réunis ici valident cette hypothèse et proposent au lecteur de langue française de délaisser quelque peu l'ontologie immatérialiste pour s'intéresser à l'épistémologie et à la science. Les différents champs explorés dans cet ouvrage permettent au lecteur de se faire une idée plus juste du travail de Berkeley, de comprendre plus profondément en quoi sa pensée est intimement liée aux débats scientifiques de son temps et comment, en d'autres termes, elle a su s'enrichir de la polémique pour affiner sa vision métaphysique et consolider son assise ontologique.
La dimension épistémologique et scientifique de l'œuvre de Berkeley, souvent négligée par les études de langue française, est au cœur même de sa pensée et en nourrit toutes les composantes, qu'elles soient ontologiques, morales ou théologiques. Parce que le monde lui-même est pour Berkeley le fruit d'une intelligence dont l'action nous serait manifeste si nous étions attentifs aux signes de sa puissance, sa philosophie se pense comme un tout cohérent et rationnel, un peu à la manière de l'arbre cartésien du savoir. Ainsi la démarche de l'évêque de Cloyne se veut-elle avant tout une clarification des domaines propres aux sciences, étant entendu que par le fait même que le monde existe, et qu'il est l'œuvre d'un Dieu transcendant, son étude scientifique, loin d'épuiser le tout de la réalité, reste à la surface des choses, qu'elle ne peut décrire qu'en termes purement mécaniques. Les différents textes réunis ici valident cette hypothèse et proposent au lecteur de langue française de délaisser quelque peu l'ontologie immatérialiste pour s'intéresser à l'épistémologie et à la science. Les différents champs explorés dans cet ouvrage permettent au lecteur de se faire une idée plus juste du travail de Berkeley, de comprendre plus profondément en quoi sa pensée est intimement liée aux débats scientifiques de son temps et comment, en d'autres termes, elle a su s'enrichir de la polémique pour affiner sa vision métaphysique et consolider son assise ontologique.