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Le désenfantement du monde. Utérus artificiel et effacement du corps maternel

Par : Sylvie Martin
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  • Nombre de pages220
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.34 kg
  • Dimensions15,0 cm × 23,0 cm × 1,5 cm
  • ISBN978-2-89578-313-8
  • EAN9782895783138
  • Date de parution08/03/2012
  • ÉditeurLiber (Editions)

Résumé

Les technologies de reproduction font aujourd'hui partie de l'actualité quotidienne : baby business, banques de sperme et d'ovules, enfants conçus in vitro, "bébés-médicaments", femmes pouvant léguer leurs ovules à leurs filles, ou qui portent l'enfant d'une inconnue ou qui accouchent à l'âge de la retraite, etc. Dans la foulée de ces avancées aux allures miraculeuses, des scientifiques oeuvrent à la mise sur pied d'un utérus artificiel, machine qui permettrait la gestation entière d'un embryon/ foetus à l'extérieur du corps de la femme, de la conception à la naissance.
Cette maternité machinique, pour le moins révolutionnaire, permettrait de "libérer" les femmes des diverses contraintes liées à l'enfantement, de mettre fin du coup à la malédiction biblique "tu enfanteras dans la douleur" et d'assurer enfin une égalité des hommes et des femmes face à la procréation, sans compter la "garantie de qualité" des enfants nés de cette technique. L'utérus artificiel viendrait en somme couronner un mouvement qui a consisté à prendre peu à peu en charge technoscientifiquement le processus de la reproduction humaine jusqu'à l'effacement complet du corps de la femme.
Mais, demande l'auteur, "pourquoi et depuis quand tenons-nous si ardemment à évacuer le corps maternel du scénario de l'engendrement ? Qu'est-ce qui fonde et matérialise ce désir de procréation sans corps ? Par quelle spirale sociohistorique la grossesse est-elle devenue "facultative", tant du point de vue de l'interventionnisme technoscientifique que de la désirabilité sociale ? Surtout, quels sont les enjeux d'une société technicienne dans laquelle le corps maternel ne serait plus une figure cardinale de la procréation ? " Répondre à ces questions, c'est faire apparaître la profonde reconfiguration sociale et technoscientifique des paramètres de la procréation et de la famille.