" Seul à vrai dire nous gratifié le rire qui s'appuie sur le A, moins celui venant du O, quand le rire en E fleure l'équivoque, à la limite du persiflage. De manière très générale, le rire en I passe pour parfaitement malveillant, on y entend le brocard, l'ironie, la joie mauvaise, et pire encore. Il est singulier que l'on surprenne à s'esclaffer, à " pouffer ", des individus difformes ainsi que des nabots, mais aussi ceux à qui l'esprit fait le moins défaut. Enfin, il n'est vraiment personne pour rire en U. "
Dans le cri, le babillage, l'exclamation réside la langue originaire. Les voyelles, précédant le langage articulé, ne sont-elles pas la source secrète de toute expression humaine et, partant, de toute création littéraire ? Réflexion poétique, philosophique et ludique sur l'origine du langage, cet essai écrit par Ernst Jünger en 1934 est traduit pour la première fois en France.
" Seul à vrai dire nous gratifié le rire qui s'appuie sur le A, moins celui venant du O, quand le rire en E fleure l'équivoque, à la limite du persiflage. De manière très générale, le rire en I passe pour parfaitement malveillant, on y entend le brocard, l'ironie, la joie mauvaise, et pire encore. Il est singulier que l'on surprenne à s'esclaffer, à " pouffer ", des individus difformes ainsi que des nabots, mais aussi ceux à qui l'esprit fait le moins défaut. Enfin, il n'est vraiment personne pour rire en U. "
Dans le cri, le babillage, l'exclamation réside la langue originaire. Les voyelles, précédant le langage articulé, ne sont-elles pas la source secrète de toute expression humaine et, partant, de toute création littéraire ? Réflexion poétique, philosophique et ludique sur l'origine du langage, cet essai écrit par Ernst Jünger en 1934 est traduit pour la première fois en France.