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L'éternel

Note moyenne : 2 | 20 notes
  • Albin Michel (Editions)

  • Broché

  • Paru le : 27/03/2013
Pour son malheur, Ionas, violoniste juif ukrainien, doux-rêveur mort au combat en 1917, ressuscite sous la forme d’un vampire. Il n’a qu’une obsession : retrouver sa fiancée Hiéléna, fille d’un luthier d’Odessa. Mais pour "vivre", il doit boire du sang, ce qui le plonge dans des affres de culpabilité. Il passe outre tout ce que sa douceur naturelle lui interdit et, rongé par sa mauvaise conscience, finit par découvrir que son frère Caïn et sa belle ont convolé en justes noces et attendent un enfant… Près d’un siècle et quelques pogroms plus tard, Ionas, qui a élu domicile à New York, essaie de trouver auprès de la très sexy Rebecka Streisand, psychanalyste tout juste veuve d’une célèbre rock star, un recours pour vaincre sa culpabilité et vivre en harmonie avec ses démons.
Humour, dérision, sens du romanesque, truculence, sensualité, émotion… on retrouve dans ce Nosferatu revu et corrigé par Woody Allen et Albert Cohen réunis, tout ce qui fait l’originalité et la profondeur des bandes dessinées de Sfar, qui marie ici mieux que jamais esprit ludique et intelligence.
Ce titre dans d'autres formats et éditions :
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L'avis du bloggueur sur L'éternel
Par Mélo
Sa Note : 3

Mélo
Un roman inégal mais drôle... Le premier roman de Joann Sfar. Je n’ai jamais lu ses BDs même si j’en ai entendu pas mal parler sur la blogosphère (notamment Le chat du rabbin) et je dois bien avouer qu’en lisant les premiers chapitres de L‘Eternel, j’ai pris peur. « Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?! », voilà ce qui m’est passé par la tête. Ca tue, ça baise, c’est décadent, c’est violent, il est question de juifs, de cosaques, c’est la guerre, ça part dans tous les sens, on a du mal à situer le récit, bref j’ai eu peur et j’ai eu du mal à avancer. Je suis arrivée laborieusement au moment où Ionas se transforme en vampire, et là j’ai commencé à trouver ça chouette. Et c’est surtout grâce à l’humour particulier de l’auteur : Joann Sfar glisse des scènes dignes des cartoons de Tex Avery et des dialogues absurdes (et drôles !) à des moments incongrus. C’est très visuel, les scènes se découpent nettement façon BD… Pour moi c’est ce qui fait la force de ce roman et le fait qu’il soit digne d’intérêt. Parce que sinon, il faut bien avouer que c’est pas mal décousu et un peu long, et aussi un peu trop gore, même si je reconnais que je me suis prise d’affection pour ce vampire qui -par exemple- essaie de se suicider mais n’y arrive pas (ben oui, il est déjà mort, haha). Des scènes cultes comme celle où il essaie de se pendre parsèment le récit et c’est particulièrement réjouissant pour ceux qui aiment l’humour noir. En revanche il est beaucoup question de religion, juive notamment, et ça m’est passé complètement au dessus… A force c’est même assez chiant… Quant au côté « psychanalyse vampirique » (il en est question sur la très courte quatrième de couv’), soyez avertis que ça n’arrive que passée la bonne moitié du livre. Et que ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais Dans ce sens, je trouve la quatrième maladroite (j’ai attendu la psy pendant près de 250 pages…). Et en plus c’est la première partie où Ionas se découvre vampire et doit faire avec que j’ai préférée, l’autre me semblant un peu rabâchée voire inutile… Sinon, on rencontre le célèbre H.P Lovecraft, complètement pété du bulbe, jaloux de Stephen King, un chanteur punk suicidé, une mandragore, une vampiresse aux cheveux rouges, un loup-garou sexuellement actif, une armée de chats trouvant les vampires confortables (haha !), ou encore un arbre stoïque. La fin m’a laissé frustrée, le roman m’a semblé inachevé, plus de quatre cents pages pour finir par ne pas comprendre où l’auteur voulait me mener. Bref, c’est l’humour qui porte, à mon sens, ce roman assez inégal et un peu décousu. Je n’ai pas détesté, je n’ai pas adoré, j’ai trouvé ça un peu long et trop bavard, mais j’ai ri et c’est déjà pas mal. Malgré tout je ne suis pas mécontente de pouvoir passer à autre chose !



Par Nelfe
Sa Note : 4

Nelfe
Sfar, le touche à tout! Tout commence avec l'histoire de 2 frères, Ionas et Caïn, partis à la guerre. Résolument différents dans leur façon d'être et de voir la vie, suite à une attaque ennemie, ils vont chacun avoir un destin bien particulier. L'un, coureur de jupons, va devoir épouser la promise de son défunt frère, l'autre va devenir "éternel". C'est ce dernier, Ionas, que le lecteur va suivre sur plusieurs centaines d'années. Désarçonné, il va devoir apprendre à "vivre" sa nouvelle condition. Qu'est-il vraiment? Que va devenir son quotidien? Comment va-t-il faire le deuil de sa vie passée? Sera-t-il seul jusqu'à la fin des temps? Dès les premières pages, on reconnait bien la patte de Sfar, nous entrainant entre rêve et réalité, entre conte noir et monde actuel... Le lecteur est trimballé dans un univers de fiction très rythmé et visuel. Au fur et à mesure de la lecture, des tas d'images défilent dans sa tête. M'est avis qu'il pourrait y avoir une adaptation de ce roman. Par Sfar himself, là ça serait le pied! En distillant son humour décallé à la fois tendre et cru (mais jamais vulgaire), il fait de son histoire de créatures fantastiques un monde foisonnant où chaque personnage a son intérêt propre et auprès duquel le lecteur aime déambuler. Vampires, loups-garous, mandragores, hommes-poissons et savants fous hantent gentiment ses pages. Attention tout de même, "L'Eternel" est loin d'être un livre pour enfants! Les personnages sont drôles mais leur nature reste sombre et certaines de leurs idées ou certains actes peuvent être considérés comme violents. Ca charcute sévère par moment et c'est ce côté jusqu'au-boutiste, cette fidélité de l'auteur à lui-même, qui ont su me charmer. On retrouve des thèmes chers à Joann Sfar tels que la judaïté. Ionas, avant d'être vampire, était (et demeurera) juif. S'en suivent des cas de conscience, des questionnements et toute une Histoire qu'il partage avec Rebecka, sa psychanalyste dans la seconde partie du roman (oui parce que les vampires peuvent suivre une thérapie... si si...). On retrouve aussi tout l'univers fantastique qu'il chérit et certains se lasseront peut être de retrouver ses formules habituelles. A mon sens, le roman est pour lui un nouveau support qui laisse à chaque lecteur la liberté de se créer sa propre image de l'histoire proposée et ici plus que dans la BD ou le ciné, son imaginaire est mis à contribution. C'est par les mots cette fois ci que Sfar doit convaincre et, bien qu'assez surprise au départ par son écriture, je dois dire qu'au final j'ai été assez conquise. Alors c'est sûr, Sfar n'est pas à l'Académie Française, ce n'est pas un grand écrivain mais il a sû me faire voyager et me scotcher pendant 500 pages et je ne lui en demandais pas plus. (L'intégralité de mon billet (trop long ^^) est à lire sur mon blog)



Par zazy
Sa Note : 4

zazy
Un vampire et sa psy J’ai rencontré mon premier vampire. Bien sûr, ce n’est pas un vampire « frankensteinien », mais genre Woody Allen. J’ai eu un moment de recul en recevant le livre, mais quand je m’y suis plongée, j’ai adoré. Imaginez, l’histoire d’un vampire qui avait honte d’être un vampire. Avant que de devenir un vampire, Ionas sera tué pendant la 1ère guerre mondiale, dans une anse de la Volga avec tout son régiment et des filles à soldats. Des scènes terribles, atroces mais la façon d’écrire, le vocabulaire de Joann Sfar font que cela en devient épique. Tout comme la mue de chrysalide en papillon est difficile, Ionas peine à se sortir de l’enchevêtrement des corps qui sont au-dessus de lui. Ce fut douloureux, lent, laborieux mais le sang d’un cheval qu’il enfourcha lui remit « le pied à l’étrier ». Un vampire amoureux va, forcément, retrouver sa belle qui se trouve mariée à Caïn, son cher frère aîné, une vague histoire de tradition juive -enfin vous lirez, je ne vais pas me saigner aux quatre veines et vous mâcher le travail !- Avouez que c’est ballot, lorsque l’on trouve dans la bouche de Caïn cette phrase : « Moi, j’ai le goût du sang. Je sais quand il faut mordre et quand il faut se planquer. Ionas agissait en fonction d’idées abstraites : l’honneur, le devoir. La guerre c’est plus lâche, plus bête, plus… » et qui c’est le vampire ? c’est Ionas ! Toujours à la poursuite de Hiéléna, sa fiancée, Il s’inventa une sorte de code d’honneur, s’aménagea un home confortable dans le cimetière chrétien. Le cercueil est beaucoup plus confortable que les tombes juives où les cadavres sont enterrés en pleine terre ! Comme quoi, un vampire aime son confort, enfin lui, le vampire juif version W H. Il s’amuse beaucoup, le galopin, à faire claquer un volet, bouger un caillou… embêter le bourgeois quoi ! Il continu sa vie sa mort de petit bourgeois-vampire ou vampire-bourgeois, jusqu’à rencontrer l’amour : celle d’une vivante de notre siècle : Rebecka Streisand. Mais bon, c’est sa psy (juive, plantureuse, veuve depuis la veille), alors, nouveau dilemme. Il veut suivre une thérapie pour «réapprendre le meurtre». Une psy qui ne se formalise pas plus de côtoyer des fantômes, une mandragore, un loup-garou loup-dragou. Mais j’arrête-là mes digressions. Une chose est importante : il FAUT lire ce livre déjanté (à ce que j’aime-ça !!!). Ionas et son mal de vivre, son mal-être qui se choisit d’une psy. Cela me fait également penser à Philippe Roth et son livre « Portnoy et son complexe ». Beaucoup d’autodérision. J'accepte même que Ionas suce le sang, faut bien vivre !!! Joann Sfar vient de la BD et cela se sent car beaucoup de phrases percutantes, de parodies, un texte très imagé, foisonnant, riche. Humour et sensualité donnent le LA à ce livre déjanté qui part dans tous les sens, mais un désordre organisé, comme le « home sweet home » de Ionas. J’ai aimé ce roman «total foutraque.Que diantre, ça fait du bien une telle explosion !



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Gwen
3

Un eternel inattendu....mais.....

“ Bon !! commencer un livre sur un vampire lorsque l'on avoue que l'on a horreur de la bit lit....des histoires de vampires ....c'est pas facile.......parce que l'on se dit que c'est souvent indigent, trop mal écrit.....mais là, c'est tout de même Joann Sfar.......même si c'est son premier roman....et que je ne suis pas fan de son univers dans le neuvième art....à part le Chat du Rabbin...Je fais comment, moi ? en plus, je l'ai reçu par les Jeudis de la Critique......avec une obligation de rédiger une critique....donc de le lire !!!! je plaisante, bien sur....à prendre au second degré !! encore que....cela ne générait pas certaines personnes de critiquer des livres qu'il n'ont pas lu......je fais référence au livre très instructif de Pierre Bayard. Mais je m'éloigne du sujet, parlons du livre, que j'ai lu, et avec plaisir. Pourquoi ? parce joann Sfar a un style; direct, assez foisonnant.....parce que l'on se prend à l'histoire improbable de ce vampire qui va revenir sur terre pour reconquerir sa fiancée, qui entre temps, a épousé son propre frère....et qui, un siècle plus tard, partagera sa vie avec une psychanaliste, mais aussi avec ses propres démons. Les personnages sont justes, le vampirisme juste une excuse pour jeter un regard sur la société...avec truculence, de par les personnages incongrus que l'on croise, mais avec sensualité aussi parfois., mais en tout cas avec cette touche d'émotion qui fait que l'on sent que l'auteur a de la tendresse pour ses personnages. Bref, un premier opus reussi pour cet auteur, qui a vraiment tous les talents....bd, cinéma, maintenant roman.....de quoi vraiment en rendre jaloux certains. ” ► Voir moins


Milca BENEDIT
4

La mort a-t-elle plus de sens que la vie ?

“ Joann Sfar est un auteur de BD reconnu, un réalisateur de film prometteur et tout à fait correct et aujourd’hui il s'attaque à un roman. De plus,courageusement, il choisit un thème éculé à savoir le vampirisme. Sfar met ce dernier à la sauce juive avec une autodérision qui lui est propre. Deux frères sont à la guerre : Cain est une brute qui profite de chaque instant et son coté bestial en fait un bon combattant. Ionas ne pense qu'à la fille qui lui a toujours été destiné. Plus fragile que son frère, il représente néanmoins l'honneur et la dignité du militaire et est respecté en tant que tel par les soldats sous leurs ordres même s'ils sont tous en fuite depuis un moment. Un jour Ionas meurt .. et ressuscite sous les traits d'un vampire. Les problèmes existentiels de Ionas ne sont pas moindres une fois mort et il nous fait part de ses réflexions avec cynisme et humour. Sfar nous livre ici un roman de vampire qui n'a rien à voir avec un bit lit. Cru. Sulfureux. Gore. Parfois même lugubre. Ce roman à l'humour noir ne sera pas du goût de ceux qui recherche une histoire romantique pour adolescent. Sfar utilise de nombreuses références juives : Ionas est celui qui est revenu des morts après 3 jours (avalée par une baleine), Caïn a trahi son frère, l'Eternel est l'une des nominations donnée à Dieu par les juifs... En fait ce roman est l'histoire d'un Woody Allen jeune devenu vampire qui traverse les âges sans réussir à guérir ses plaies intérieures et le tout dans un univers dessiné par Tim Burton rempli de créatures qui refusent de mourir et qui sont dignes de l’Hôpital Psychiatrique. Fait intéressant, Canal Plus a demandé à Sfar de faire de son idée originale une série ... affaire à suivre ... ” ► Voir moins


Des mots, des émotions

Fiche technique & Vidéos : L'éternel

  • Date de parution : 27/03/13
  • Editeur : Albin Michel (Editions)
  • ISBN : 978-2-226-24685-1
  • EAN : 9782226246851
  • Format : Poche
  • Présentation : Broché
  • Nb. de pages : 454 pages
  • Poids : 0,55 Kg
  • Dimensions : 15,0 cm × 22,0 cm × 3,3 cm
  • Bande annonce de L'éternel de Joann Sfar

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À propos de l'auteur : Joann Sfar

Joann Sfar

Biographie de Joann Sfar

Dessinateur et scénariste de bande dessinée, réalisateur de cinéma (César du meilleur premier film pour Gainsbourg, vie héroïque, du meilleur film d’animation pour Le Chat du rabbin.), Joann Sfar est né à Nice en 1971. Intarissable raconteur d’histoires, il puise son imaginaire délirant dans la fiction populaire (roman d’aventures, films fantastiques…) et le folklore lié à ses origines juives, ashkénaze et séfarade à la fois, qui imprègne nombre de ses albums comme Kletzmer ou Le Chat du rabin (la série qui l’a imposé auprès du grand public).
Bibliographie de Joann Sfar
L'éternel
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