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14

Note moyenne : 4 | 37 notes
  • Minuit (Les Editions de)

  • Broché

  • Paru le : 04/10/2012
Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d’entre eux. Reste à savoir s’ils vont revenir. Quand. Et dans quel état.
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Note Moyenne : 4 37 notes

  • Détails :
  • 10 notes 5
  • 14 notes 4
  • 8 notes 3
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  • 2 notes 1


Clément Llobet
4

Toujours aussi bon

“ Je n'ai pas lu tous les livres d'Echenoz ; mais depuis que j'ai commencé, il ne m'a jamais déçu. "14" est d'une puissance stylistique pure ! Et ces scènes sont toujours intensément cinématographiques. Son vocabulaire est à la fois simple mais riche, et d'une portée littéraire tellement belle qu'elle nous fait oublier le malheur que porte le sujet du livre : elle nous fascine. ” ► Voir moins


Jostein
4

Anthime part à la guerre

“ Depuis la lecture de Courir et Des éclairs, Echenoz fait partie de mes auteurs incontournables. Je m'étais vraiment fait plaisir à découvrir ces vies "romancées" de Zatopek et Tesla. Je n'ai pas lu Ravel et il faudra que j'y remédie. Ici, l'auteur fait une peinture personnelle de la première guerre mondiale en suivant cinq jeunes vendéens dans la tourmente des tranchées. Même si l'écrivain annonce ne pas vouloir redire ce qui a déjà été écrit mille fois, il ne nous épargne rien des conditions difficiles et des combats sanglants, avec la petite touche particulière qui décrit dans le détail le sac du soldat, les cervelières ( pour se protéger des gaz), les premiers avions ou le rôle des animaux. Les descriptions sont très réalistes mais c'est surtout les réactions de jeunes gens qui donnent intérêt au livre. Ils partent au front avec une grande naïveté. " dès lors, il a bien fallu y aller: c'est là qu'on a vraiment. Impérissable qu'on devait se battre, monter en opération pour la première fois mais, jusqu'au premier impact de projectile près de lui, Anthime n'y a pas réellement cru." Au milieu de la dureté des combats, l'auteur relève de petites choses pour notre plus grand plaisir comme l'orchestre qui accompagne le premier assaut ou la nécessité de maquiller de boue les assiettes pour ne pas se faire repérer. C'est tout l'art de l'auteur de faire passer en peu de phrases l'essentiel et le dérisoire, créant ainsi une synthèse humaine et touchante. "Mais ne nous emballons pas, revenons à notre affaire", J'aime chez l'auteur l'art de joindre le tragique et le ton badin. Toutefois, est-ce la brièveté ou le sujet, ce roman m'a moins séduite que les autres. L'histoire parallèle de Blanche qui symbolise le rôle de la femme en temps de guerre et illustre le couple sacrifié est un peu trop évidente. Ne lisez pas ce que je n'ai pas écrit : c'est toujours du grand art, concis et efficace mais mes deux lectures précédentes de l'auteur m'avaient procuré un peu plus d'émotions, les passant dans la catégorie supérieure de mon classement très personnel. ” ► Voir moins


Tynn
4

La Grande Guerre

“ Avec un économie de mots et de narration, Jean Echenoz se penche sur le quotidien ordinaire de la guerre de 14-18, sur les années d'apocalypse pour les soldats dans les tranchées, en résonnance avec la vie des civils, orphelins de leurs hommes combattant. Les descriptions sont factuelles, brutales, sans sentiments exprimés, appuyant ainsi fortement l'atmosphère froide, mécanique et cruelle du front et la solitude de l'arrière. C'est la petite musique simple et triste de la montée de l'horreur, des tableaux fugaces et surréalistes comme cette fanfare jouant la Marseillaise sur le champ de bataille. C'est parfois une vision décalée, entre la production des godillots, les animaux sauvages ou domestiques dans le conflit, les amputations. Un livre de plus sur la Grande Guerre mais, me reste des images très fortes, en monochrome, quasi documentaires. Quant au final, il est tout aussi lapidaire que le reste! Très belle lecture. ” ► Voir moins


Emeralda
4

14 et plus encore...

“ La quatrième de couverture est courte, elle en dit juste ce qu'il faut, ni trop, ni trop peu. Elle m'a intrigué et donc elle bien joué son rôle. Ce titre a pourtant fait couler beaucoup d'encre dans les revues spécialisées pour la dernière rentrée littéraire de septembre 2012, mais je n'y avais pas plus prêté attention que cela. Quand on en parle trop, je détourne le regard… Le plus souvent. Et puis, j'étais déjà beaucoup sollicitée. L'ensemble de cet ouvrage est comme son titre ou même cette quatrième de couverture : il y a beaucoup d'informations, mais dans un texte assez court (123 pages seulement), mais qui en dit tellement long ! Cela semble épuré et pourtant ! On débute avec l'été, sa douceur, ses moments chômés surtout un samedi et puis le vent se lève. La tempête n'est pas si loin, mais elle se fait plus sournoise et elle prendra par revers bien des soldats qui pensaient être de retour à la maison d'ici quelques semaines à peine. Rien ne se passera comme prévu. On part avec la fleur au fusil et on revient meurtri, quand on revient… 123 pages pour couvrir les 4 années de conflit sans se perdre dans les détails, mais qui décrivent tout, presque tous les cas possibles, l'attente, la mort, les blessures, l'horreur, la peur, la solitude, la fuite, le destin et son ironie, le front et l'arrière… C'est violent, on est comme éclaboussé également, mais sans blessures puisque l'on tourne les pages encore et encore. C'est précis et grave. C'est technique et bucolique. C'est simple et complexe. C'est la vie et l'horreur de la guerre. Les personnages ne sont pas trop travaillés et pourtant on se les imagine sans peine. Cinq hommes et surtout une femme. Ce livre est un peu comme Anthime, c'est un paradoxe et j'ai aimé cela. Tout et son contraire avec ses fantômes... Si on ne devait lire qu'un roman historique sur le premier conflit mondial, celui-ci serait indéniablement dans le top 5. ” ► Voir moins


zazy
5

Echenoz

“ Echenoz part d’une balade à vélo, une balade bucolique ; le tocsin sonne, nous arrivons sur la place où toute la population est rassemblée « Tout le monde avait l’air très content de la mobilisation : débats fiévreux, rires sans mesure, hymnes et fanfares, exclamations patriotiques striées de hennissements ». La joie, l’impatience sont palpables, on verra ce qu’on verra ! L’attente commence pour les 5 vendéens : Anthime, Padioleau, Bessis, Arcenel se retrouvent à la caserne, ainsi que Charles, sous-directeur de l’usine où Anthime est comptable. Puis vient le moment d’aller au front, d’affronter l’ennemi. Tous ne reviendront pas. Echenoz résume fort bien cette connerie cruelle : « Tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n'est-il pas la peine de s'attarder encore sur cet opéra sordide et puant. Peut-être n'est-il d'ailleurs pas bien utile non plus, ni très pertinent, de comparer la guerre à un opéra, d'autant moins quand on n'aime pas l'opéra, même si, comme lui, c'est grandiose, emphatique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui ça fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c'est assez ennuyeux. » Dans ce livre, pas de grandes envolées lyriques, pas de longues descriptions mais du quotidien, du palpable. Nous suivons la guerre à travers Anthime. « De fait, Anthime s’est adapté. Ne se fût-il pas adapté, d’ailleurs, eût-il montré du mal à supporter les choses et voulu le faire savoir, la censure du courrier n’aidait pas trop à ce qu’on se plaignît. Oui, Anthime s’est plutôt vite fait aux travaux quotidiens de nettoyage, de terrassement, de chargement et de transport de matériaux, aux séjours en tranchée, aux relèves nocturnes et aux jours de repos. » En peu de mot, beaucoup est dit. Dans le chapitre 7, Jean Echenoz écrit : « Propulsons-nous vers cet insecte : à mesure qu’on l’approche, il grossit peu à peu jusqu’à se transformer en petit avion, biplan biplace de modèle Farman F37 Mené par deux hommes, un pilote et un observateur assis l’un derrière l’autre dans des fauteuils bruts, à peine protégés par deux pare-brises rudimentaires. » Il ne reste plus qu’à lancer la caméra de notre imagination et on voit le ballet mortel s’engager entre cet avion et l’appareil orné de la croix de Malte. Dans un entretien, Jean Echenoz raconte comment l’idée de ce livre lui est venue en trouvant les carnets d’un combattant dans une malle. Il décrit les choses comme on les note dans son cahier « son havresac, modèle as de carreau 1893 et dont l’infrastructure était un cadre en bois couvert d’une enveloppe de toile épaisse du vert wagon au brun cachou ». C’est un livre court mais puissant, dense, bouleversant, concret. En peu de mot, il démarre notre caméra mentale pour un voyage dans l’enfer du quotidien de la guerre. Un superbe livre, je ne me lasse pas de la belle écriture de jean Echenoz. http://zazymut.over-blog.com/article-jean-echenoz-14-114385179.html ” ► Voir moins


domie
5

j'en reste bouche bée !

“ Quelle merveille d'écriture .A lire absolument , à offrir , en parler ....comment peut on arriver en si peu de pages à raconter autant de détails , de sentiments qui vous poursuivent pendant plusieurs jours ? Lu d'une traite , je ne comprends pas que ce livre n'ait obtenu aucun prix cet automne .Une constuction magistrale et une écriture maitrisée ,précise . Bref , je suis sous le charme.. ” ► Voir moins


Livr-esse
5

Touchée par l'écriture

“ C'était donc une première rencontre avec Jean ECHENOZ et le fait est que je suis sans voix. Je suis vraiment épatée par cette qualité d'écriture à la fois épurée et si profondément recherchée. La perfection ne doit pas être bien loin. Le revers de la médaille, c'est que, tout à la contemplation de son écriture, j'en ai un peu zappé l'histoire. Je suis restée assez hermétique au fond alors que j'étais totalement sous le charme de la forme. Peut-être que cela mériterait une deuxième lecture ??? Une chose est sûre je ne compte pas m'arrêter là dans ma découverte de cet auteur. ” ► Voir moins


Pierre D
3

Digest 14/18

“ Je suis content, je viens pour la première fois de terminer un roman de Jean Echenoz. "Cherokee" m'était tombé très vite des mains en 1983 et en 1986 "L'équipée malaise" m'avait endormi. Je n'arrivais pas à entrer dans cet univers en grande partie à cause de l'écriture. Mais cette fois-ci, victoire, avec "14", je suis allé jusqu'au bout ! Pas difficile me direz-vous, ça ne fait que 124 pages dans un format poche, écrit gros. "14" a pour sujet cette terrible boucherie que fut la première guerre mondiale et le moins que l'on puisse dire c'est que Jean Echenoz l'évoque très bien en peu de pages. Tout y est : l'horreur, les mutineries, les gueules cassées, les tranchées, les poux et les rats, les femmes au travail,... Un vrai petit précis que ceux qui ne connaissent pas cette période pourront lire pour une remise à niveau. Pour les autres, rien de nouveau sauf peut être quelques petits détails glanés de-ci de-là au détour d'un paragraphe ou lors d'une des nombreuses énumérations dont Jean Echenoz semble raffoler. Ainsi, j'ai découvert la cervelière, sorte de petite calotte métallique qui les soldats ont du mettre sous leur képi au début du conflit et vite remplacée par un casque pour cause de peu de pratricité. On sent que l'auteur s'est passionné pour cette guerre 14/18, s'est documenté énormément, minutieusement, jusqu'à faire du name-dropping d'époque en nous abreuvant de marques d'armes, d'avions ou de vélos aux noms inconnus (Euntes la marque de vélo bien connus des ecclésiastiques en soutane). Cela alourdit un peu ce texte aux longues phrases tortueuses.. Si l'évocation du conflit est absolument parfaite de maîtrise et de concision, j'ai par contre eu l'impression que c'était au détriment de l'histoire avec un petit "h". La quatrième de couverture laisse entendre une intrigue romanesque avec une héroïne attendant le retour de deux hommes. Il y a de ça, mais le personnage féminin est à la fois très secondaire et désincarné, faisant quasiment de la figuration. Elle est par contre l'objet d'une scène étonnante où, lors d'une consultation auprès de son médecin de famille, elle se voit proposer un avortement ! En 1914 ? C'est vraiment d'époque ? Peut être dans la bourgeoisie alors, ils ont toujours plus d'avantages et de combines que le bas peuple. Quoiqu'il en soit, "14" est le petit roman que l'on peut lire ce mois-ci. ” ► Voir moins


lesdouzecoupsdeminuit
5

Loto gagnant

“ Le récit relate, de manière croisée, la guerre. Pour les hommes, la frénésie du front des Ardennes. Pour la femme, l'attente à l'arrière en Vendée. Pas de grands actes héroïques, pas de récits épiques, encore moins de belles histoires d'amour, pas même un grand personnage historique en vue. La vraie vie, racontée comme un journal intime, écrite comme une lettre à un bien-aimé. Dans son 15ème roman, Jean Echenoz nous propose d'entrer dans l'intimité, le quotidien, les émotions de ces gens simples qui ont survécu sans héroïsme mais dignité à l'horreur de la Guerre de 14. L'écriture est sobre, sèche, sans fioritures stylistiques. Chaque scène est racontées avec un zèle d'historien des armées. On sait tout de l'équipement du soldat: de la cervelliere sous le képi qui coupe le cuir chevelu...vite remplacée par un casque métallique laqué bleu, tellement poli qu'il brille au soleil... les pantalons rouges garances qui offrent une cible de choix aux coups de feu de l'ennemi... le paquetage de 35 kg détaillé ustensile par ustensile. On connaît tout de la vie quotidienne mais aussi des grandes étapes de ces 4 années de guerre. Il réussit divinement à faire vibrer nos 5 sens : la chaleur du soleil d'août, les odeurs du foin moissonné, le son des cloches à la déclaration de guerre, le froid humide des tranchées, les odeurs âcres de la fumée, le goût écœurant du "singe", le son des fanfares à l'armistice. Et enfin, la chaleur des étreintes lors des retrouvailles. Mais aussi les douleurs imaginaires de ceux qui rentrent, brisés moralement et physiquement. "14" raconte une infime partie de la Grande Guerre mais qu'elle est forte, bouleversante et poignante. Mais qu'elle est trop courte cette histoire ! Qu'ils sont attachants ces personnages ! Une fois refermé, on n'a qu'une envie: reprendre le livre du début pour revivre l'émotion... une fois encore ! http://lesdouzecoupsdeminuit.blogspot.fr/ ” ► Voir moins


Des mots, des émotions

Fiche technique : 14 de Jean Echenoz

  • Date de parution : 04/10/12
  • Editeur : Minuit (Les Editions de)
  • ISBN : 978-2-7073-2257-9
  • EAN : 9782707322579
  • Présentation : Broché
  • Nb. de pages : 123 pages
  • Poids : 0,157 Kg
  • Dimensions : 13,5 cm × 18,5 cm × 1,2 cm

Liseuse Cybook Odyssey 2013

À propos de l'auteur : Jean Echenoz

Jean Echenoz

Biographie de Jean Echenoz

Jean Echenoz est né à Orange en 1947. Il a obtenu le prix Médicis en 1983 pour Cherokee et le prix Goncourt en 1999 pour Je m’en vais.
Bibliographie de Jean Echenoz
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