Entretien sur la paléontologie en Haute-Loire

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Frédéric Lacombat et Emmanuel Boyer - Entretien sur la paléontologie en Haute-Loire.
L'année 2010 aura incontestablement été l'année du mammouth pour la Haute Loire. Au-delà de son succès médiatique et populaire, l’exposition... Lire la suite
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Résumé

L'année 2010 aura incontestablement été l'année du mammouth pour la Haute Loire. Au-delà de son succès médiatique et populaire, l’exposition Mammouth & Cie du musée Crozatier au Puy en Velay aura permis de révéler à beaucoup d'entre nous les richesses de notre département : celles de sa préhistoire. Des fossiles venant de Chilhac, Sinzelles ou encore de Blanzac tous aussi surprenants les uns que les autres par leur diversité et l'époque à laquelle ils nous renvoient.
Pensez un instant ! Des pièces de plus de trois millions d'années découvertes au siècle dernier par des hommes passionnés comme Auguste Aymard ! C'est vrai, cela vous donne le vertige à l'échelle de notre passage sur terre ! C'est dans le cadre de mes responsabilités professionnelles que j'ai rencontré Frédéric Lacombat. Je me souviens de ce mois de novembre 2009, période où la nuit ne fait qu'une bouchée du jour et où ses fins de journées sont propices aux rendez-vous tardifs.
Régulièrement ma collaboratrice me rappelait que ce Mr Lacombat insistait pour fixer ce rendez-vous. « Qu'à cela ne tienne » je l'attendais avec impatience et avec aussi un peu de réserve, moi qui avais une image bien précise et toute aussi restrictive de la préhistoire en Haute-Loire. (Merci Frédéric d’avoir depuis rajouté les nombreux chainons manquants !). Que voulait-il nous apprendre cet Auvergnat avec son exposition ? On dit souvent que la première rencontre est la bonne et c'est un peu vrai.
Je l'ai vu débarquer avec son regard de « nounours » pour me parler de ses mammouths. Très vite, j'ai senti la passion et l'amour que portait Frédéric pour notre territoire, le genre de critères qui pour moi, font que le courant passe ou reste artificiel. Nos discussions se sont rapidement transformées en jeu de questions réponses, questions le plus souvent posées par moi-même ! J'avais l'impression de faire un bond dans mon enfance lorsque j'accompagnais mon père à la rencontre du professeur Bonifay.
Chercheur au CNRS de Marseille, il venait fouiller dans les années 80, sur les terres de mon petit village de Blanzac, sur le site de Soleilhac ou encore à Ceyssaguet avec son point de vue remarquable sur la vallée de la Loire. J'ai revu ces mois d'été ou je l'observais avec son équipe des heures à gratter, avec de petits instruments pour extraire divers ossements dont j’ignorais tout et dont l’apparence me faisait d’abord penser à de vulgaires cailloux.
Je voyais dans leurs regards que ces découvertes, moulées par la suite dans une sorte de plâtre, avaient une grande valeur. En écoutant Frédéric, je repensais à ce professeur Bonifay et à son épouse, ce couple attachant dont la passion venue peut être de Marseille, lui laissait espérer qu'il ferait bientôt jour sur une grande découverte qui attirerait les caméras du monde entier. Ils étaient persuadés que leurs travaux leur permettraient de trouver des ossements humains, une véritable révolution pour la connaissance des peuples en Europe, il y a près de 700 000 ans.
Plus tard, j’ai rêvé de voir un jour un musée sur ce site ! La découverte en est restée là. Nous avons aujourd’hui un héritage non protégé mais oh combien remarquable, sous des tôles en mauvais état : une des plus anciennes structures intentionnelles de l’homme. L'homme de Soleilhac a bien gravé son empreinte, ici en témoigne l'organisation qu'il en a laissée. Hélas, le temps, les aberrations juridiques et administratives n’ont pas permis à ce jour d’aller plus loin.
Frédéric a tout repris pour replacer mes modestes connaissances et souvenirs dans leur contexte chronologique. Il a ce pouvoir et cette capacité de faire partager ses passions à chacun. Là où les ayatollahs de la culture font mains basses, ce bac + 8 sait vous emmener et vous captiver pour partager son savoir et se mettre à la portée de tous, aussi bien à son aise avec l’agriculteur du coin qu’au Marcel Michelin à Clermont ou avec les grands professeurs de ce monde qu’il côtoie dans ces travaux de recherches.
Les louanges d’Yves Coppens à son égard valent tous les commentaires. Qu'elle ne fut pas mon émotion quand plus de trente ans après moi, il a transmis à mon fils ce goût de la curiosité pour ce passé si lointain. « Observe la terre, écoute là, elle te livrera ses secrets ». Quoi de plus beau que le regard d'un enfant qui s'émerveille devant un bout de tibia de tigre à dent de sabre de près de 1,5 millions d'années qu’il vient de découvrir ! En 2010, bien loin des terres altiligériennes, Fréderic nous a fait découvrir les mammouths congelés ! Lorsqu’il m’a parlé de Khroma, j'ai eu un peu de mal à imaginer.
Alors ma curiosité m’a poussé à en savoir un peu plus. J’ai regardé des documentaires, cherché sur le net pour me convaincre de l’incroyable opportunité que nous avions devant nous, telles que les précédentes découvertes comme Lyuba ou encore Yomiakon. J’ai été définitivement convaincu le jour ou de retour de Yakoutie, Frédéric m'a ramené quelques poils de ce petit mammouth laineux découvert dans le pergélisol sibérien.
Quelle aventure ! Il nous le fallait absolument ! Les démarches s'annonçaient difficiles et il fallait en parler sans passer pour des fous ! Laurent Wauquiez a su immédiatement comprendre le sens de cette venue en Haute Loire. Sa capacité à convaincre et ses relations ont permis de franchir l'infranchissable. On connaît le succès qu’a obtenu Khroma (95 000 visiteurs) ! Cette aventure m’a permis de rencontrer des hommes exceptionnels, comme Yves Coppens, bien sûr mais aussi Bernard Buigues le « chasseur » de Mammouth que j’ai presque converti à la verveine artisanale et à la gniole de pays plutôt que la vodka ! Merci de m’avoir permis ces bons moments où nous avons parfois refait le monde tardivement, mais qu’il est bon de se passionner ! C’est en observant les journalistes qui se sont intéressés à cet évènement que mes vieux démons d’une passion déjà lointaine, la radio, me sont revenus.
A force de questionner Frédéric, j’ai eu envie d’immortaliser nos dialogues sous la forme d’une interview. Il me semblait utile de pouvoir rendre accessible à tous, à la façon d’une émission de radio, cette formidable histoire de la préhistoire en Haute Loire qui je l’espère ne fait que commencer. Et si modestement, ces pages sont l’occasion de faire prendre conscience de nos richesses : l’objectif sera atteint.
En témoigne le succès de l’expo mammouths, la préhistoire en Haute Loire peut être un formidable vecteur de promotion pour notre région. Le chemin est long et les turpitudes administratives probablement nombreuses mais c’est une belle occasion de fédérer ce passé qui n’a pas fini de livrer ses secrets. Merci d’avoir choisi notre fréquence… Générique !

Caractéristiques

  • Date de parution
    01/10/2011
  • Editeur
  • ISBN
    978-2-36262-014-0
  • EAN
    9782362620140
  • Présentation
    Broché
  • Nb. de pages
    60 pages
  • Poids
    0.088 Kg
  • Dimensions
    14,8 cm × 21,0 cm × 0,1 cm

Avis libraires et clients

À propos des auteurs

Frédéric LACOMBAT est paléontologue au musée Crozatier, il travaille depuis une dizaine d'années sur les faunes fossiles de Haute-Loire. Emmanuel BOYER est spécialiste en communication, passionné par l'histoire de la Haute-Loire.

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