Le travail a changé de nature depuis l'avènement des technologies de l'information.
Un conflit de facultés mentales a succédé au corps à corps quotidien de l'homme et de la machine. La fatigue psychique guette désormais le travailleur moderne qui ressemble de plus en plus à un joueur d'échec face à un adversaire imprévisible.
Les contraintes physiques auxquelles était astreint l'homme au travail se sont muées en contraintes " cognitives ". Pour paraître plus douces, elles n'en sont pas moins implacables : l'épuisement physiologique qui s'emparait de l'artisan, de l'ouvrier, du charpentier, du facteur ou du cheminot, a aujourd'hui son pendant dans un épuisement intellectuel dont les conséquences se révèlent plus graves encore.
Aiguilleurs du ciel, surveillant de centrales nucléaires, travailleurs postés, conducteurs de trains, pilotes d'avions, policiers... autant de métiers où l'expérience récente nous montre qu'une charge de travail mal adaptée induit des catastrophes.
A la croisée des sciences de l'homme (linguistique, psychologie, philosophie), des sciences sociales, des sciences de l'ingénieur (informatique, automatique, robotique) et des sciences de la vie (biologie, neurosciences), les sciences cognitives étudient et améliorent la compatibilité des outils technologiques aux humeurs changeantes des hommes.
A la faveur d'un colloque qui a réuni des acteurs de l'industrie et des chercheurs sur le thème " Sécurité et cognition ", il a été tenté de montrer que dans un monde dominé par l'information, l'information sans cognition n'est que ruine de l'homme.