Après une longue amnésie, l'Etat français semblait entrer au début des années 2000 dans une phase de confrontation avec son histoire coloniale.
Evoquer, par exemple, la " guerre d'Algérie " et le massacre de Sétif ne posait plus de problème à la mémoire collective. Mais, à la faveur du vote d'un texte de loi qui entendait contraindre les professeurs d'histoire à " enseigner de manière positive la présence de la France dans ses colonies et en Outre-Mer " (la fameuse loi de février 2005 finalement abrogée) puis d'un discours régressif du président Sarkozy en juillet 2007 à l'université de Dakar (" Jeunes d'Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance "; " Ce sont des Africains qui ont vendu à des négriers d'autres Africains "), nous constatons un retour aux heures noires de l'idéologie coloniale.
Essai exigeant mais accessible, Retours du colonial? met en perspective la politique de l'État français à l'égard des territoires et des populations issues de ses anciennes colonies, les analyses et recherches consacrées à ces questions, et les idées qui circulent à ce sujet dans l'opinion. Cet ouvrage collectif conduit de manière salutaire une réflexion sur ce qui s'est constitué et perpétué à partir de la relation coloniale aux plans politique, économique et culturel.
L'auteur en quelques mots...
Catherine Coquio est professeur de littérature comparée à l'université de Poitiers et présidente de l'Association internationale de recherche sur les crimes contre l'humanité et les génocides [www.aircrige.org].