Tout le Tanztheater de Pina Bausch est dans la porosité du visible et du caché, de l'exhibé et du refoulé, du chaste et du grotesque, images qui insistent dans l'entre-deux du rêve et de la conscience, " danse de nos images mentales ".
Les photographies de Guy Delahaye, saisies dans le vif des représentations du Tanztheater Wuppertal, sont autant de précipités d'une fièvre à laquelle Pina Bausch et ses fabuleux interprètes ont donné le corps d'une aventure démesurée, épique et humaine. " C'est beau quand on voit vivre quelqu'un ", remarquait simplement Pina un jour qu'elle demandait à ses interprètes " une chose avec [leur] souffle ".
Contre l'asphyxie du sensible, des images viennent ici respirer, elles quittent déjà les pages qui les contiennent pour poursuivre leur libre voyage dans la mémoire.