Contrairement aux idées reçues, la liberté amoureuse est au XVIIIe siècle une réalité indéniable, même si l'on observe un durcissement de la législation autour de 1730.
Les crimes d'amour, dont certains sont pourtant placés au plus haut sur l'échelle des comportements prohibés, ne sont pas poursuivis dans la quasi-totalité des cas. Cet ouvrage, qui s'appuie sur les archives judiciaires, mais aussi sur les dictionnaires, les Mémoires et les œuvres littéraires, notamment celles des écrivains libertins, analyse les raisons de ce paradoxe: une norme juridique rigide et une pratique judiciaire laxiste.
il montre aussi comment la société du XVIIIe siècle voyait l'amour à travers ses dangers supposés et ses manifestations. II décrit les amours encadrés dans le but de parvenir à des mariages convenables et observe les amours rebelles. II s'intéresse également aux amours illicites (adultère, concubinage, bigamie et polygamie), aux amours prohibés (masturbation, inceste, sodomie, bestialité), et enfin aux échecs de l'amour (séparations, amours brisés et couples maudits).
L'auteur en quelques mots...
Agrégé d'histoire et docteur ès lettres, Benoît Garnot est professeur d'histoire moderne à l'université de Bourgogne.
II s'est spécialisé dans l'étude des archives judiciaires des XVIIe et XVIIIe siècles, qu'il utilise pour faire à la fois une histoire de la justice et une histoire des mentalités. Il a publié une vingtaine d'ouvrages, dont chez Belin en 2006 Questions de justice. 1667-1789, et en a dirigé une quinzaine d'autres.