Les perversions morales ne concernent pas l'activité sexuelle mais les relations avec les autres.
Celles-ci sont marquées par une déviation des buts qui régissent habituellement tout lien. Le pervers moral souhaite devenir le maître de la relation. Pour ceci, il manipule, utilise l'autre et le soumet à une pression excessive. La dimension perverse morale est, dans tous les cas, un problème d'abus, de forcing, de maltraitante, de prédation. Une propension marquée au secret et l'utilisation de la séduction et de la persuasion complètent les traits de personnalité essentiels du pervers moral.
Pourquoi le pervers peut-il attirer ou fasciner ? Pourquoi se vit-il dans une situation d'exception au point que la Loi est sans effet sur lui ? S'appuyant sur de nombreux exemples cliniques et littéraires, Alberto Eiguer déduit que le pervers moral souffre en fait d'incertitudes concernant sa filiation qui le portent à construire un " roman familial au négatif ", une fiction sur sa conception qui n'est pas fantasmée mais agie, notamment par l'imposture et la subtilisation.
Le pervers avance ainsi masqué. Le nouveau livre d'Alberto Eiguer, écrit dans un style alerte et enjoué, permet d'aider chacun à le reconnaître à travers cinq portraits : le pyromane, le kleptomane, l'escroc, le corrupteur, le traître. Il vise également à améliorer les possibilités thérapeutiques de ces personnalités.
L'auteur en quelques mots...
Alberto Eiguer est psychiatre, psychanalyste, président de la Société française de thérapie familiale psychanalytique, enseignant et titulaire d'une habilitation à la direction de recherches à l'Institut de Psychologie de l'université paris 5.
Il est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Le Pervers narcissique et son complice, (Dunod, 3e éd. 2003), et plus récemment, L'Inconscient de la maison (Dunod, 2004).