Le succès tout à fait hors norme des Bienveillantes de Jonathan Littell constitue un véritable phénomène de société.
Deux prix et des éloges innombrables ont été décernés à une œuvre littérairement médiocre et historiquement datée, dont le seul ressort est le voyeurisme permanent. Ce qui fait des Bienveillantes un roman insoutenable, c'est qu'il propose une esthétisation insupportable de la violence nazie qui s'inscrit, de Sade à Jünger, dans une longue filiation intellectuelle et littéraire. Il exclut de l'humanité les victimes de la barbarie, en livrant leur cadavre en pâture au regard des lecteurs, sans rien nous faire comprendre des facteurs qui ont conduit les bourreaux SS à participer à l'extermination de six millions de Juifs européens.
Un philosophe et un historien unissent leurs voix pour dénoncer énergiquement les complaisances qui ont permis le succès de ce livre. Ils incitent, par la même occasion, à lire ou relire d'autres œuvres littéraires, documents ou récits d'une importance majeure, qui apportent un tout autre regard sur l'écriture du mal.
L'auteur en quelques mots...
Michel Terestchenko, philosophe.
Dernier ouvrage publié : Un si fragile vernis d'humanité, banalité du mal, banalité du bien, La Découverte, 2005. Edouard Husson, historien, travaille au sein de l'équipe de recherche de Patrick Desbois pour l'histoire de la Shoah en Ukraine.