La méditation de Maurice Merleau-Ponty sur l'art et la littérature interroge de façon privilégiée les recherches de Cézanne et de Proust.
En effet, pour elles aussi - souligne Paul Ricœur - " le problème central fut celui d'une création de sens qui restitue et manifeste l'antérieur ". Cet ouvrage, donc, se consacre tout d'abord à l'interrogation que Merleau-Ponty ne cesse de leur adresser, sans toutefois l'isoler de l'ensemble de son œuvre. De même que dans certains tableaux flamands un miroir ou un plat métallique concentrent en soi toute la scène représentée, dans certains chapitres de ce travail, l'élaboration philosophique de Merleau-Ponty se montre concentrée dans l'interrogation parallèle qu'il adresse à la peinture de Cézanne ou à la Recherche de Proust, alors que dans d'autres chapitres cette même interrogation se trouve projetée dans le cadre plus ample de l'élaboration philosophique qui lui est contemporaine.
Par la structure même de cet ouvrage, la méditation de Merleau-Ponty sur l'art et la littérature apparaît donc comme " partie totale " de sa méditation philosophique : cette partie dans laquelle la totalité se replie et d'où elle est rendue visible.