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La mutation féodale Xe-XIIe siècles


3e édition

L'avis des lecteurs
Broché
Paru le
 : 27 août 2004
Editeur
 : PUF
Collection
ISBN
 : 2-13-053503-8
EAN
 : 9782130535034
Nb. de pages
: 428 pages
Poids
 : 665 g
Dimensions
 : 15cm x 21,5cm x 2,8cm

  • résumé de La mutation féodale Xe-XIIe siècles. 3e édition

  • sommaire de La mutation féodale Xe-XIIe siècles. 3e édition

  • avis et opinion sur La mutation féodale Xe-XIIe siècles. 3e édition

Qu'est-ce que la féodalité ? Les historiens ont longtemps distingué les institutions féodales - qui s'étaient épanouies vers l'an mille pour décliner avec les progrès du pouvoir monarchique - et la société dite " féodale ", alors même que fief et vassalité n'y apparaissaient pas comme prédominants - l'accent étant alors mis sur la dislocation du pouvoir central et la constitution de la seigneurie.
Pourtant, la généralisation du lien féodo-vassalique et l'établissement de la seigneurie banale sont les éléments d'une même mutation où achève de disparaître en Europe occidentale, au seuil de l'an mille, un très ancien mode de production. Ni l'esclavagisme antique, ni son succédané, la corvée carolingienne, n'avaient réussi à soumettre les communautés paysannes libres. Il fallut pour cela l'hypertrophie d'une structure, elle aussi très ancienne, celle des " maisons " guerrières érigées en innombrables et agressives chefferies de canton.
La vieille société campagnarde presque partout se disloqua, et la paysannerie dut mettre sa force productive au service d'une nouvelle aristocratie. Les cavaliers qui brisèrent les résistances populaires n'étaient pas tous de noble lignage. Nombre d'entre eux étaient issus de la " koulakisation " progressive de la société campagnarde. Les liens féodo-vassaliques assurèrent la cohésion de la nouvelle classe dominante en formant sa structure juridique.
Après sa victoire, loin de " dégénérer ", ils devinrent la justification de son gouvernement. Ni plus ni moins imaginaire que le " Capital " ou l'" État prolétarien ", le Fief fut l'idée dominante de la société médiévale, fondant en droit une durable hiérarchie politique, allant même jusqu'à investir le geste de la prière chrétienne - mains jointes à genoux devant le Seigneur - ou les rapports amoureux - tant d'hommages désormais présentés aux dames, alors que leur rôle social allait se restreignant.
Une pédagogie de la soumission, à l'origine d'un État construit non contre la féodalité, mais à partir d'elle.
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