Le nombre de femmes vivant hors couple ne cesse de croître, mais il manque toujours un mot pour les désigner.
Célibataire signifie non mariée. Femme seule a une connotation négative. Autonome ? Bien des épouses revendiqueraient cette épithète. Et mieux vaut ne pas se tourner vers le passé et les deux stéréotypes opposés de la vieille fille et de la femme légère. Seules les veuves, en référence à leur conjugalité passée, sont identifiables. A la fin du XIXe siècle, avec le bouleversement industriel, l'urbanisation et l'essor du travail féminin, un nouveau célibat apparaît, préfigurant celui d'aujourd'hui : il se caractérise par l'autonomie résidentielle, se propage des villes vers les campagnes et se situe aux extrêmes des âges et de l'échelle sociale.
Des femmes sûres d'elles, menant leur vie professionnelle et sentimentale à leur gré. Pour la première fois, le mode d'entrée des filles dans la vie adulte n'est plus le mariage mais la vie sans mari !
L'auteur en quelques mots...
Pionnier de la " microsociologie ", Jean-Claude Kaufmann a orienté ses recherches vers les aspects les plus inattendus et parfois minuscules de la vie quotidienne.
À travers eux, il dévoile quels mécanismes sous-jacents gouvernent nos conduites. Aujourd'hui reconnue, cette démarche a débouché sur " l'analyse du couple par son linge " dans La trame conjugale (1992), ou la " sociologie des seins nus " dans Corps de femmes, regards d'hommes (1995). Il a également publié Premier matin (Armand Colin, 2002) et un essai, La femme seule et le prince charmant, qui a rencontré un véritable succès populaire et a reçu le prix Bordin décerné par l'Académie des sciences morales et politiques.
Ses livres sont traduits en une quinzaine de langues. Jean-Claude Kaufmann est directeur de recherche au CNRS à l'université Paris V-Sorbonne.