Dès qu'une " cité " s'enflamme, médias et hommes politiques avancent, dans l'urgence, des remèdes de circonstance.
" Tolérance zéro ", " rénovation urbaine "... Les politiques élaborées ne résolvent pas plus la ghettoïsation en cours qu'elles ne brisent ce cercle vicieux : concentration de la pauvreté dans les cités, délinquance, stigmatisation de la population des cités désertées par les moins pauvres des pauvres. Aucune mesure, " généreuse " comme la discrimination positive ou au contraire " répressive ", n'empêchera les émeutes tant qu'on ne s'attaquera pas à ce paradoxe : notre société vante la consommation à outrance mais en prive d'accès légal ses enfants des cités, contraints à la précarité.
Pour comprendre le phénomène des violences urbaines, Thomas Sauvadet a voulu répondre à cette question fondamentale : comment naissent les " sauvageons " d'aujourd'hui ?
L'auteur en quelques mots...
Sociologue né en 1976, familier de l'univers des " jeunes de cité " durant sa jeunesse, Thomas Sauvadet s'est engagé dans plusieurs enquêtes de terrain (cités HLM de la région parisienne et des quartiers nord de Marseille).
Rattaché au laboratoire CESAMES (CNRS/INSERM/Université Paris V), il est également l'auteur, aux éditions Armand Colin, du Capital guerrier : concurrence et solidarité entre jeunes de cité (2006).