Les téléspectateurs français ont pu découvrir récemment, sur la chaîne Canal +, un reportage alarmant de Bastien Morassi et Emmanuel Raoul intitulé " Savoie : un scandale écologique sans coupable ? ".
De quoi s'agissait-il ? Rien moins que de " la plus grande pollution à la dioxine jamais arrivée en France ". Dans ce film, témoigne celui qui le premier mit les pieds dans le plat, Michel Roulet, un ingénieur sensibilisé aux risques industriels, qui dénonça cette hérésie écologique qu'était l'incinérateur de Gilly-sur-Isère. Il se battra jusqu'à l'obtention de la fermeture, après qu'ait été commis des dégâts considérables.
A ce titre, son témoignage est précieux car il raconte quel parcours d'obstacles faits de pesanteurs sociales, de connivences entre politique, technocratie et lobbys industriels, de chausse-trappes juridiques, la vérité dut accomplir pour qu'enfin l'intérêt collectif soit pris en compte. Un témoignage souvent inquiétant, parce qu'il révèle les graves béances existantes en matière de contrôle des toxicités, d'identification des substances chimiques nocives, de registre des cancers, de droit des sols pollués et qui souligne des enjeux majeurs de santé publique auxquels nous serons confrontés dans les années qui viennent.
L'auteur en quelques mots...
Ingénieur physico-chimiste, Michel Roulet a d'abord travaillé dans le contrôle de qualité industriel, particulièrement sur des matières premières destinées au nucléaire.
Suite à cette expérience, durant laquelle il découvre les impasses de cette industrie, il se réoriente vers la gestion et la normalisation technique de l'entreprise. Il termine sa carrière professionnelle comme auditeur-consultant dans le domaine de l'environnement industriel et des productions industrielles plus écologiques.