Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'histoire de la justice connaît un important tournant : plus qu'aux siècles précédents, le pouvoir grandissant de l'Etat - " le roi est lieutenant de Dieu sur la terre " - impose à la population des villes, puis des campagnes, des institutions judiciaires efficaces et structurées.
Inventant la " police ", s'appuyant sur des spectacles de supplices et un usage plus prononcé de l'incarcération, l'époque moderne voit s'affirmer la criminalisation de l'individu, ainsi encadré et contrôlé.
L'influence croissante de la justice a, cependant, des limites et se heurte le plus souvent aux comportements des communautés urbaines et rurales. Ces dernières, en effet, continuent à régler elles-mêmes leurs différends et préfèrent écarter les tribunaux royaux jugés trop sévères.
Le magistrat est davantage là pour dire le droit que pour le faire appliquer.
A travers plusieurs affaires - meurtres, incendies volontaires, blasphèmes, petite délinquance... -, Benoît Garnot, proposant de nouveaux moyens d'investigation dans l'histoire de la criminalité, brosse un tableau vivant et nuancé des mentalités d'Ancien Régime face au crime et à la justice.
L'auteur en quelques mots...
Benoît Garnot est professeur d'histoire moderne à l'Université de Dijon et a déjà publié aux Editions Imago Le Peuple au siècle des Lumières (1990), Un Crime conjugal au XVIIIe siècle, L'Affaire Boiveau (1993), et Le Diable au couvent, Les Possédées d'Auxonne (1995).